28/11/2009

 

 

Avant-propos

 

Ce site est consacré à l'étude patronymique et généalogique des "de" ou "der" Baudrenghien sédentarisés en Cambrésis, en Tournaisis et en Hainaut depuis des temps très anciens. Les intervenants y sont succinctement reconsidérés dans leur contexte historique et sauf indication contraire, dans les limites géographiques de l'actuelle province belge. Outre les habituelles recherches d'archives communales ou paroissiales et autres monographies, elle résulte des mentions manuscrites ou imprimées données par les généalogistes distingués de toutes époques confondues, tels que du Chastel, de Grez, de Lannoy, de Vegiano, Goethals, Herckenrode, Laisné, Le Blond, Le Tellier, Saint-Genois, Scohier, et est agrémentée, tant que faire se peut, d'observations de terrain.

 

Nous vous souhaitons une plaisante lecture.

 

 

 

Introduction & Remerciements

 

En 1958, durant son camp d'été, une patrouille de scouts tournaisiens, surprise par une averse, s’abrite dans la petite église de Cour-sur-Heure, non loin de Thuin. Parmi les jeunes se trouve Jean-Pierre Debaudrenghien, qui découvre stupéfait la dalle funéraire d'un Jacques qui porte le même nom que lui, seigneur du lieu, mort trois siècles plus tôt.
De cette trouvaille naît une passion qui le pousse en 1962 à entamer de sérieuses recherches généalogiques, que nous poursuivons depuis plusieurs années ensemble, avec le même enthousiasme.

 

Nous tenons à exprimer notre gratitude pour leur aide précieuse,  par ordre alphabétique; à Monsieur le Doyen de Leuze Francis Cambier, au Docteur Jean-Pierre Derbaudrenghien (Nalinnes) et à Pierre Looze (Gerpinnes).
Nous remercions également pour leur collaboration, les Archives Départementales du Nord [F]; les Archives de l'Etat à Tournai; les Archives Générales du Royaume et La Bibliothèque Royale Albert Ier (Albertine) à Bruxelles ~ Les Bibliothèques des Hautes Ecoles d'Arts Plastiques à Mons et du Hainaut Occidental à Leuze ~ Les Administrations communales d'Estaimpuis, et plus particulièrement de Flobecq et de Silly pour leur amabilité ~ Monsieur André Cotton, conservateur de l'Ecomusée du Pays des Collines à La Hamaide et son assistante, Mme Odette Triffin ~ Mrs Raphaël Debruyn, Marc Vuidar et toute l'équipe de L'Hôpital Notre-Dame à la Rose de Lessines où nous avons toujours, là aussi, reçu un très bon accueil ~ Mr. Jean-Marie Debo (Wannebecq) ~ Son Excellence Jean-François Delahaut, à l'époque Ministre-Conseiller à l'Ambassade de Belgique au Gd-D. de Luxembourg; André de Meyer, Archiviste du cercle historique local de Overmeere et le Commandant Daniel de Saint-André, Président honoraire du Cercle Généalogique du Ministère de l’Intérieur [F], pour leur aide sur les Coudenhove ~ Mr. Bernard Demaire (Orcq); Mlle. Isabelle Deramaix, archéologue pour la Région Wallonne ~ Mrs. Damien Desqueper de l'AGHB à Tournai ~ Adrien Dupont, Archiviste de la ville d'Ath ~ les généalogistes éclairés; Yves Fremat, Jean-Charles de La Hamaide (Paris), Anne Hamaïde (Aix en Provence) et Luc de la Hamette (Gd-D.Lux) ~ Maître Constant Jonniaux, notaire à Ville-Pommeroeul ~ Fraü Marion Kolanoski & Rainer Michaelis, Conservateur du Staatliche Museen zu Berlin, ainsi que J-P Meulemeester, historien d'Art (Bruxelles)
~ Messieurs Patrick Gillard et Philippe Michiels (Evregnies) ~ Jean-Pierre de Palmas; Daniel JSM Peeters; Patrick Seeuws (Cour/Heure) ~ Mme Sory, propriétaire de la ferme du Temple à Saint-Léger ~ Mrs Yves de Tarade & Claude d'Ampleman, créateurs du "Grand Armorial" ~ Yves Vandamme (Hérinnes) et enfin, Messieurs Peter Frischkörn et Alain Wÿns pour leurs traductions.

     

 

 

Sommaire

  • 1 - Introduction & Remerciements
  • 2 - Recherche étymologique
  • 3 - Evolution du patronyme
  • 4 - Origines hainuyères
  •  
    4.1.1 - Les (de/der) Baudrenghien à la croix de gueules
    4.1.2 - La brisure de Gilles (de/der) Baudrenghien
    4.2 - Les (de) Baudrenghien aux hamaides de gueules
    4.3 - Les (de/der) Baudrenghien de France
  • 5 - Espérance de vie
  • 6 - Périodes historiques (détail)
  •  
    6.1 - Ere féodale (XI°-XIII°s)
    6.2 - Les ducs de Bourgogne
    6.3 - Les Habsbourg (1477-1515)
    6.4 - Le Régime Espagnol (1515-1713)
    6.5 - Les Pays-Bas Autrichiens (1713-1791)
    6.6 - La Belgique française (1792-1815)
    6.7 - Le Royaume des Pays-Bas (1815-1830)
    6.8 - La Belgique indépendante (1830 >)
  • 7 - Localisation des fiefs et seigneuries
  • 8 - Description des armoiries rencontrées
  • Succession des Comtes de Hainaut
  • Orientation bibliographique
  • Lexique des mots anciens ou héraldiques
  • Liens vers d autres sites
  • Agenda culturel, touristique et folklorique


  •  

     

    2. Recherche onomastique & étymologique

    L’onomastique est l’étude des noms
    propres de personnes (anthroponymie) et
    de lieux (toponymie)

    l'étymologie
    est la recherche
    de leur origine.


    audrenghien, Baudringhien, Boudrenghien, Boudringhien,
    Debaudrenghien, Debaudringhien, Derbaudrenghien, Derbaudringhien,...

     


    Au Cinquième siècle, parmi les peuples barbares jaillissants des décombres de l'Empire romain, les Francs Saliens, venus de la région de l'Yssel* sous la conduite de Clodion, s'emparèrent de nos régions.
    Au siècle suivant, Mérovée, chef mythique s'il en est, s'établit à Tournai et y fonda une dynastie si importante dans l'histoire, qu'une période de quatre siècles porte son nom.

     

    * Ijssel : Rivière des
    Pays-Bas alimentée
    par le Rhin.


     

    Les Mérovingiens entretinrent une relation d'intérêt récurrente avec les Romains et s'accommodèrent volontiers de leur mode de vie. Ils cohabitèrent en bonne entente et obtinrent même, chez nous, le statut d'alliés de l'empire décadent qui, de son côté, avait conservé l'opportunisme de son passé glorieux.

    Si les autochtones du nord, moins "romanisés*", s'adaptèrent à la civilisation germanique, on observa une intégration inverse au sud, qui, in fine, permis à Clovis de rapprocher son empire du catholicisme* et insinua avec l'adoption progressive de la langue parlée, la rédaction en latin des lois saliques par lesquelles nous savons aujourd'hui que toute terre conquise était réservée aux seuls guerriers et que de la terre salique, aucune partie ne serait transmise à la femme.

     

    *Le "pays flamand" compte 10 fois moins de villas romaine que la Wallonie où l'on en dénombre environ 400

    *Vers 486, Tournai devient un siège épiscopal dépendant de l'archevêché de Reims. Son premier évêque est : Eleuthère

    Les fréquentes désinences nominatives gallo-romaines "-iniacum", ("lieu de"), se déclinèrent à partir du VIème s. en "-inga haim" et plus tard, par contraction en " -ghem", " -gem" ou " -gen", déclinaisons purement «thioises» (germaniques), désignant l'«habitation ou le domaine des gens de…» et ce, sur une vaste étendue demeurée partiellement bilingue s'étendant du Pas-de-Calais à la frontière rhénane.
    Au
    VIIème s., sous la pulsion évangélisatrice des sièges épiscopaux de Tournai et d'Arras, les parlers romans recrurent, mais ce n'est qu'à partir du XIIème
    siècle, avec l'ébauche spontanée d'une frontière linguistique qu'elles apparaîtront systématiquement au sud de celle-ci sous la forme francisée "-ghien", quand les puissants propriétaires terriens que sont devenus les monastères et autres abbayes feront défricher les terrains boisés de leurs riches donateurs, provoquant la genèse de nouveaux villages cernés de terres cultivables.

     

    Nous savons ainsi
    que les localités
    hainuyères de Leuze,
    Chièvre, Lessines et
    Anvaing, existaient
    déjà à cette époque.

    Pour complément, lire Maurits GYSSELING:
    "La genèse de la frontière linguistique dans le nord de la Gaule".

    A ce propos, il est intéressant de se pencher sur une zone limitrophe restreinte, au sud de l'axe linguistique "Renaix-Halle" où, sur une vingtaine de kilomètres, l'on retrouve nombre de ces noms en "-ghien" et où fut découverte, aux limites de Meslin-l'Evêque et de Ghislenghien, une villa romaine d'importance estimée au Premier siècle de notre ère.

     

     

    Ainsi, Edingen (Enghien), habitation des gens de «Edo» ; Oeudeghien, demeure de «Eude» ; Ghislenghien, maison de Ghislain ; «Baldeghem» (Baldwin) «Baudrigen» ou «Boudergem», francisés «Baudrenghien»; domaine de Baudry ou de Baudouin.
    Notons que ces prénoms à forte consonance teutonne ont en commun la racine «Baud
    *» qui est la francisation du flamand "Boud", ou de l'allemand "Bald", qui avaient au Moyen Age le sens de "Hardi". C'est pourquoi on peut rencontrer des variantes empreintes de mixités linguistiques telles que «Baudringhem» à Campagne-lès- Wardrecques [France. 59] ou «Boudenghien» à Flobecq [B.Ht], ce dernier lieu étant

     

    Baldwin :
    Bald = "audacieux"
    Win = "ami"

    Baudry, dériv.  Baldéric
    Bald = Baud = "hardi"
    Ric = "puissant et roi".

    présenté par Jules Herbillon et Jean Germain*  comme le berceau  des  patronymes «Baudrenghien», «Baudranghien», «Baudringhien» «Boudrenghien», «Bouderenghien» (p.131); «Debaudrenghien» (p.209), la préposition "de" marquant l'origine ou la propriété et enfin, «Derbaudrenghien» (p.255) , graphie la plus répandue, "Der" étant le génitif féminin singulier de l'article néerlandais "de" (p.254).

     

    *"Dictionnaire des noms de famille en Belgique romane" - Ed. Crédit Communal - 1996.

    A titre indicatif, on estime, en 2006 à environ 80 "Derbaudrenghien" répartis en Flandre et en Wallonie. Une soixantaine de "Boudrenghien", tous établis dans la partie francophone du pays. Restés fidèles au Hainaut : une vingtaine de "Debaudrenghien" de la même famille, une quinzaine de "Baudrenghien" et autant de "Bouderenghien". Nous trouvons également une dizaine de "Baudranghien" dans la région liégeoise. Une quarantaine de "Boudringhien" et une quinzaine de "De Baudringhien" sont concentrés en Flandre Orientale et dans la région d'Anvers, peut-être et avec toutes les réserves d'usage, en rapport avec les "Baudrenghien", dits "de Bouloigne", qui habitèrent Anvers plusieurs années avant de s'expatrier à Amsterdam en 1546 ?. Il subsiste enfin une poignée marginale de "Baudringhien" et "Derbaudringhien" en Tournaisis. Soit un peu moins de 300 porteurs du patronyme et de ses dérivés recensés en Belgique. Sensiblement le même nombre en France de Baudrenghien et Boudrenghien répartis principalement dans le Nord [département 59]; dans la Somme [80]; en Charente-Maritime [17] et dans le Lot et Garonne [47]. Nous savons qu'il y a des Debaudrenghien également, mais nous n'avons malheureusement pas de chiffre pour ces derniers.

     

     

     

     

     

    Sources Internet
    (non officielles).

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    3. Evolution du patronyme


     

    *

    Vers la moitié du XIX°s, suppression dans les registres communaux du premier "R" du nom, pour
    les descendants de Louis Joseph De(r)baudrenghien (ref.5050) époux de Joséphine Pinchemaille.



    4. Origines hainuyères*

     

    * Orthographe francisée admise par le dictionnaire Larousse.

    "Je ne fçay fi c'eft Famille eft originaire de Hainaut, où d'Artois, bien fcais-je qu'elle fe fit connoiftre en Cambrefis dés l’an 1232". (sic)

     

    Jean LE CARPENTIER : Histoire de Cambray et du Cambrésis (1664) "De l'estat de la Noblesse"  -  p.182

     

     

     

    "Le plus ancien sceau que nous ayons vu est celui d'un Piérart de Baudrenghien qui portait pour armoiries une croix cantonnée de quatre étoiles. Il vivait en 1370 et avait pour contemporain Ernoul de Baudrenghien qui scellait en 1374 d'un écu portant la Hamaide de trois pièces chargées de besants..." (sic)

     

    Comte du CHASTEL de la HOWARDERIE:
    La Noblesse Belge, Annuaire de 1912,
    tome I, page 281

    Tous les généalogistes qui se sont penchés sur notre patronyme se sont immanquablement posé la question de savoir s'il y avait une ou deux familles homonymes, toutes deux établies dans le nord du Hainaut ? 1

    La solution pour beaucoup était qu'un Baudrenghien portant la croix de gueules cantonnée d'étoiles aurait, après une alliance avec une La Hamaide, repris les armes de cette famille en chargeant les pièces de la Hamaide d'un nombre, d'ailleurs variable de besants. On peut lire cette affirmation dans Herckenrode
    1 , Castro y Toledo, Goethals 2  , etc., qui tous assurent que Jacques de Baudrenghien, mort en 1523, fils d'Arnould et de Flandrine de La Hamaide, aurait repris les armes de sa mère. Mais dans l'ANB de 1912 le comte du Chastel signale qu'il a trouvé dans un acte tournaisien daté de 1413 une Marguerite de La Hamaide citée comme épouse d'un Ernoul de Baudrenghien. Ne serait-il pas le prisonnier de Baesweiler, Arnould van Baddelghem, faisant déjà usage en 1374 d'un sceau à une hamaide de trois pièces, respectivement chargées de trois, deux et un besants et dès lors, lui le premier qui aurait adopté les armes de cette famille, celles de sa femme ? 1

     

    Albert de LANNOY
    "A propos des Baudrenghien"
    Le Parchemin n°183
    Mai - juin 1976
    pp. 142-143.

    1 HERCKENRODE
    "Nobiliaire des Pays Bas et du Comté de Bourgogne"
    Vol.I, page119.

    2 F.GOETHALS
    "Dictionnaire généalogique et héraldique"
    T.L., pp. 537-538.

     

    Nous verrons plus loin,  qu'un autre Baudrenghien renoncera à transmettre son blason et jusqu'à son nom à sa descendance pour adopter ceux de sa belle-famille, quand il épousera en 1579, une demoiselle de Cramet, dame de Loges.

     

     

     

    A la fin du XVIIème s, l'officier Héraut roi d'armes, Jean-Baptiste, Antoine de Grez, se distingua de ses prédécesseurs en ébauchant un arbre généalogique représentant les deux blasons côte à côte1. Il cautionne le travail de son contemporain, Jean Le Carpentier, en le débutant par un aïeul commun portant l'écu tournaisien à la croix de gueules et attribue les premières armes aux hamaides brisées de besants à Jacques, fils d'Arnould de Baudrenghien et Flandrine de La Hamaide. Goethals adhèrera plus tard à cette théorie en la retranscrivant sous forme d'un tableau manuscrit, conservé à la Bibliothèque Royale 2.

     

    1 Fonds héraldique du Ministère des Affaires étrangères, sous réf. 3m46.

    2 Cabinet des Manuscrits
    "Fonds Goethals"
    réf. ms G.998 (XIX°s)

    A contrario, le comte Paul-Armand du Chastel de la Howarderie (1847-1936) suivi par les généalogistes modernes, refusent cet amalgame et dissocient les familles homonymes de Lessines et de Tournai, dont la proximité ne serait que géographique et purement fortuite.

     

     

     

     

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    4.1.1. Les (de/der) Baudrenghien portant d'or à la croix de gueules

     

     

     

     

    Le comte du Chastel, qui dans son Armorial de Tournai et du Tournaisis1  représente un blason d'or à la croix de gueules cantonnée de 4 étoiles à 6 rais de sable*, considère que les (de/der) Baudrenghien ou d'Erebaudrenghien(sic)  de la région de Pottes, Evregnies, Tournai sont issus de la seigneurie d'Erembodeghem, car leur nom s'écrivait dès le XIIème s. d'Ierebaudenghien. Cette seigneurie, devenue vicomté au XVIème s. était géographiquement proche de Pottes, située à l'extrémité Nord-Est du Tournaisis, sur les villages de Moen et Outrijve, actuellement en Flandre Occidentale. Nous savons que cette seigneurie a appartenu au XIVème siècle à la maison de Steenhuis, seigneurs de Zwevegem (Swevenghien). Passa ensuite aux XVème et XVIème siècles à la famille de Gavre, dite d'Escornaix, sgrs de Nokere, Bevere et Herboyghem, avant de passer aux maisons de la Vichte à la fin du XVIème et au XVIIème s., et celle de Croix au siècle suivant.

     

    1 Archives de Tournai.

    * Héraldique:
    Gueules = Rouge
    Sable = Noir
    la norme française, (non restrictive) des étoiles est de 5 rais, et de 6 en pays germaniques.
    (O. Neubecker, p.46)

    2 A. de LANNOY
    "A propos des Baudrenghien"
    Le Parchemin n°183
    Mai - juin 1976 - p143.

    Evregnies, situé à trois lieues de Tournay, contient en 1812, deux cent septante et un bonniers, huit cents verges. Il tient du Nord à Dottignies et à Espierres, de l'orient à Saint Léger, du midi à Saint Léger et à Estaimpuis, de l'occident à Estaimpuis. L'on voit à Evregnies le moulin dit de chapelle (écrit sans majuscule), les Ursulines de Tournay y possèdent des terres1. Un château-fort désigné sous le nom de manoir du Chastel, fut le berceau et donna son nom à l’illustre famille des comtes du Chastel de la Howardrie. Il sera vendu avec ses dépendances en 1372 à St. Martin de Tournai² qui y possédait déjà de très belle fermes*. L'abbé était le seigneur du village. L'Abbaye était aussi décimateur, c'est à dire qu'elle prélevait la dîme, pour deux tiers au patron de la cure en vertu de la donation qui lui fut faite en 1092, par Radbold II, évêque de Tournay et confirmée par le Pape Innocent II, en 1131. L'église paroissiale y est sous l'invocation de Saint Waast, dont on célèbre la fête au jour de la translation, le 15 juillet, et la kermesse le deuxième dimanche de septembre 1...

     

    1 M. HOVERLANT
    "Essai chronologique pour servir à l'Histoire de Tournay" (1812)
    LVII - p.171 (résumé).

    2 Patrick GILLARD
    Des histoires d'Evregnies (1981).

    *La ferme de l'Abbaye existe toujours, c'est aujourd'hui un restaurant

    La seigneurie de Pottes sur l'Escaut était située à mi-chemin entre Tournai et Audenarde. Elle était tenue de la Salle de Lille et relevait du souverain. Elle avait bailli, lieutenant et un banc de 7 échevins, avec haute, moyenne et basse justice. Cette terre consistait en un château féodal avec 42 bonniers, un moulin à vent et nombre de rentes seigneuriales, plus de 200 bonniers dont la juridiction était commune et indivise avec le seigneur de Germignies, dont la famille possédait le château-ferme depuis le XIIème s. avant de passer aux maisons de Stavele, puis de Marnix et vendue ensuite à Pierre de la Croix de Beauffort. Les rentes seigneuriales consistaient en 44 razières, 1 hotteau d’avoine, 66 chapons, 2 poules et 104 sols, quatre deniers, monnaie de Flandre.

     

     

    Avec la cense de Pont, le Marquais, situé au hameau du Quesnoy, était l'une des plus importantes et anciennes du village, déjà citée en 1388 par Jean, Sire de Pottes et en 1396 par Louis, sgr. du lieu. Cette seigneurie entra dans la famille dans la première moitié de du XVème s. par le mariage de Théry de Baudrenghien, avec Jehenne du Marquais (16050).

     
    La ferme du Marquais à Pottes

     

     

    En 1676, le fief est encore cité par Jean de Marnix. Fin du XVII°s, il fut racheté par Laurent Delfosse, trésorier général du Tournaisis. C'est ainsi qu'en 1734, un certain Charles-Dominique Delfosse, chanoine de la cathédrale de Tournai se dit seigneur du Marquais. Il appartint depuis un temps lointain à la famille d'Hespel du Ponthoix qui l'a vendu vers 1934 à Mr. Henri Peeters sucrier à Warcoing et occupé par la famille Vanlerberghe depuis et antérieurement à 1750 et ensuite par la famille Samain depuis 1883 jusqu'à nos jours.

     

    Merci à:
    B. Vandystadt

     

    De la branche de Pottes est certainement issu le rameau des de Baudrenghien dits de Boullogne de Tournai. En effet, « La Cazerie », propriété terrienne des Fourmanoir alliés aux de Baudrenghien, était située à Celles, au lieu-dit de « Boulogne » à un kilomètre au sud-est de Pottes.

     

    Pour les Fourmanoir de la Cazerie, consulter l'ANB 1879.

     

     

     
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    4.1.2. Brisure du blason ancestral

     

     

     

    Dans son Armorial, au patronyme "der Baudringhien"  (sic), Bozière* relève dans le Carpentier un blason qu'il décrit "d'argent à la croix de gueules, chargée en coeur d'une rose d'or et acc. de quatre étoiles de sable, l'écu orlé et engrêlé*". Pour ce que nous en savons à ce jour Gilles de/Derbaudrenghien (deg.IV, ref.14050)  natif de Pottes vers 1478, issu en puîné du mariage de Théry dit de Pont et de N. le Marissal serait le premier à l'avoir porté, Jean, son frère aîné, héritant les armes ancestrales avec la seigneurie paternelle.

     

    * Fr-J. BOZIERE : Armorial de Tournai et du Tournaisis
    1859, page 41
    "der Baudringhien" (sic)
    Typographie de Malo & Levasseur à Tournai.

    On le sait, la brisure avait l'utilité première de différencier les branches cadettes ou bâtardes d'une même famille. Elle consistait en l'addition, la diminution ou la suppression de quelques pièces honorables et/ou changement d'émaux.

       

    Mais dans certains cas, elle pouvait prendre aussi la forme de sanction et après jugement, un noble qui aurait failli au code tacite de conduite, pouvait voir ses armes dégradées par les officiers d'armes qui procédaient à des modifications circonstancielles et en tenaient registres figurés1.

     

    1 Michel BARNIER : Initiation à l'Héraldique XXV - (résumé)

    Reconnaissons que le vocable "brisure" prend ici un sens particulier pour un blason qui ne gagne pas en esthétique: L'or est réduit en argent, les étoiles de sable perdent une branche, le contour de l'écu est "hachuré" de rouge et cette rose d'or flanquée au centre de la croix, pourrait selon certains matérialiser un désaccord ou un drame familial grave; trahison, mésalliance ou séparation de branches (?). Mais en l'occurrence aucun élément connu ne nous autorise à cautionner cette théorie.

     

     

    Ce blason, transmis à la nombreuse descendance de Gilles et de Marie de Bèvre (qui demeura à Evregnies et dans la proche région) fut repris, quelques générations plus tard, en senestre sur les armoiries de la famille du Bus1  de Gisignies, à laquelle nous fûmes liés par trois mariages.

     

    1 Pour les du BUS,, consulter l'ANB éd.1913, tome I p.210 pour les Gisignies et p.242 pour la branche des Warnaffe.


     

    En chef, d'or à la palme de sinople, qui est du Bus ancien.
    En pointe écartelé (du Bus) :
    En 1. D'azur à l'écu d'argent en abîme, accompagné d'un orle de fleurs de lis du même.(du Bus de Warnaffe)
    En 2. D'argent à la croix de gueules. Chargée en coeur d'une rose d'or et cantonnée de quatre molettes de sable, à la bordure engrêlée de gueules qui est de(r) Baudrenghien.
    En 3. D'or à trois merlettes de sable qui est Vuylsteke de Gisignies.
    En 4. D'azur à l'épée d'argent garnie d'or posée en fasce, pointe à dextre, et accompagnée de trois merlettes d'argent qui est Deurwaerder.

     

    "État présent de la noblesse du royaume
    de Belgique".

    Oeuvre collective
    Ed. 1960 - p.334

     

    En 1658, Marguerite Derbaudrenghien épousa Laurent du Bus, surnommé le "Père aux Patards". Il est erronément présenté par le comte du Chastel dans ses « Notices Généalogiques Tournaisiennes » comme le censier de la ferme du Temple à St Léger, le confondant avec son fils, homonyme, qui occupa cette fonction par son union en 1684 avec Marie Jeanne La Derriere, après son beau-père. Ceci implique que Marguerite Derbaudrenghien, n'a jamais habité le ferme du Temple, limitant sa présence en ce lieu à des visites familiales à son fils et sa belle-fille, au cours des cinq années qui lui restèrent à vivre après leur mariage. Laurent et Marie-Jeanne eurent une nombreuse descendance mais Marguerite ne connut que deux de ses petits enfants; Laurent né en 1685 et Marie née en 1687. Elle mourut en juin 1689 à l'âge de 54 ans, une quinzaine de jours avant le baptême d'un petit Antoine... A moins que ce ne soit la date du baptême qui fut reportée pour cause de deuil?

     

     

    C'est presque un siècle plus tard que fut célébré le second mariage entre nos deux familles, quand en 1749, François Jh. du Bus, censier de Vallemprez et bailli du temporel de la puissante abbaye de Saint-Martin établie à Tournai, épousa Marie Derbaudrenghien qui lui donna dix enfants dont malheureusement, quatre ne survécurent pas.

     

     


    Léonard Pierre du Bus

    Leur petit-fils, Léonard Pierre du Bus, Commissaire Général des Indes au XIXèmes est l'une des figures notables de cette grande famille, qui s'est investie au cours des siècles dans l'histoire et la vie politique de notre pays. Il est né à Dottignies le 28 février 1780 à 11h30 du matin. Orphelin de mère à 2 ans (Marie-Thérèse Vuylsteke de Gisignies, avait 28 ans) et de père à 5 ans (Pierre Ignace Joseph du Bus, en avait 29), il fut élevé au château de son grand-père maternel à Dottignies. Il n'a pas connu sa grand-mère paternelle, morte dix ans avant sa naissance et son autre grand-père était à l'époque déjà en fin de vie.

       

    A la mort de son tuteur, l'enfant n'avait que huit ans et fut alors confié à son oncle, François Joseph du Bus (1757-1835*), un avocat réputé de Tournai qui habitait à la rue du Palais Saint Jacques, un des quartiers les plus chics de la ville. Le jeune homme, bien entouré et au caractère bien trempé, devint d'abord membre du bureau de bienfaisance de Tournai, ensuite adjoint du maire de la ville, Intendant de l'arrondissement de Courtrai, membre puis président de la 2ème Chambre des Etats-généraux des Pays-Bas, gouverneur de la province d'Anvers avant celle du Brabant méridional. C'est à cette époque, vers 1825 qu'il fit sceller en l'église St-Léger de Dottignies, une stèle de marbre à la mémoire de ses parents décédés trop jeunes et de leurs ascendants sur cinq générations. Les dames Der Baudrenghien (sic) y sont représentées pour les deux unions dont nous avons parlé ci-avant.
    Enfin, il fut nommé gouverneur des Indes Néerlandaises sous le titre de Commissaire général. Il fut anobli par Guillaume Ier, le 20 février 1816, titré vicomte par arrêté royal du 22 mai 1819, fit partie de l'Ordre équestre de la Flandre Occidentale dès 1817 et obtint le 14 juin 1822, concession et augmentation d'armoiries (coupé : en chef, d'or à la palme de sinople ; en pointe, écartelé au 1). Léonard mourut en son château de Oostmalle-lez-Turnhout à l'âge de 69 ans, étant Grand'Croix de l'Ordre du Lion Belgique. Un cénotaphe armorié fut érigé à sa mémoire sur l'île de Java, à Jakarta, capitale de l'Indonésie.

     

    * C'est Fr-Joseph du Bus qui fit bâtir le mausolée au Cimetière du Sud à Tournai. Il y fut bien évidemment enterré. Le monument existe toujours et a subi une nécessaire réfection en 2008.

     

     

    | sommaire |

     

     

    4.2. Les (de) Baudrenghien portant les hamaides de gueules

     

     

     

     

     

    Les Baudrenghien de la région de Lessines-Flobecq alliés jadis aux La Hamaide, portaient les armes de cette famille, brisées d'un nombre variable de besants d'argent.
    Appelé "Besant" par les Occidentaux, le "Solidus", était une ancienne monnaie byzantine répandue en Orient dès le IXè s. et qui servit au temps des croisades, à payer nombre de rançons de prises de guerre. Ces pièces d'or ou d'argent représentées sur les armoiries d'un chevalier, indiquaient qu'il avait été en Terre sainte
    1.

     

     1 Léon ROY
    Dictionnaire de Généalogie, p.88


     

    Comme nous l'avons vu précédemment, des Baudrenghien étaient issus du lieu-dit de «Boudergem» ou «Boudenghien» (Boudrenghien en 1833), situé sur la châtellenie de Flobecq (Vloesberg). Demeure ou manoir de Baudouin ou de Baudri, propriété rurale de ces seigneurs désignant, un hameau, un champ, une cense comprenant en 1411 au moins quatre-vingts bonniers.

     

     

       

     

     

     

     

    FERRARIS - 1770

     

     Ils étaient en outre, seigneurs de Gommenpont à Ostiches, fief relevant de l'abbaye de Saint Denis en Brocqueroie; de Renartcamp (Renartchamp) à Flobecq et de Belle à Marcq, à la sortie d'Enghien en direction de Silly.

     

     

    Le 20 janvier 1419, Anne de Trazegnies, épouse de Arnould de Hamal, fille de Anselme et de Mahaut de Lalaing, héritière de la maison de Trazegnies au décès de son frère aîné, fit le relief de ses possessions devant la cour féodale de Brabant1 . Le 30 avril de la même année, Jan de Baudrenghien, lui prêta hommage lige* pour la terre d'Ansermont.

     

    1 Ernest MATTHIEU :
    La Pairie de Silly, ses fiefs et arrière-fiefs..

    * Du latin "ligatus" Hommage principal impliquant une fidélité absolue

    La cérémonie était publique, associant ainsi autant de témoins. Le vassal à genoux et tête nue, les mains jointes entre celles de son seigneur lui jurait fidélité sur les saints Evangiles. Les engagements pris de part et d'autre étaient ensuite actés dans un document écrit nommé "l'aveu".
    Il n’était pas rare qu’un vassal prêta hommage à plusieurs seigneurs et reçoive ainsi autant de fiefs, mais l’hommage lige, d'usage dès le XI°s, était prédominant et si un conflit survenait entre deux de ses seigneurs, le vassal se devait d'honorer l'hommage principal.

       

     

     

     

     

     

    Dans un dénombrement de 1589, on lit1:
    "Damoiselle Marie de Baudrenghien, vesve de feu Pière Le Latteur, dit Nève, tient dudit Silly ung fief liège se comprendant en une maison, motte, fossez à eauwe, grange, estables, court, jardin, bois et terres labourables, nommé la maison d' Ansermont, contenant douze bonniers ou environ, gisant en la paroiche d'Ogy, sur la chastellenie de Flobecq, tenant aux héritaiges du sgr de Gomanpont, au champ Simon et au champ du Lardoir." Il est une anecdote, quand au décès de ce Latteur, qui était également l'avoué de son épouse on ne trouva point son cheval: "Et y a heu difficulté sy par le trespas dudit Pierre, son cheval estoit dévolu pour droict de liège à mondit seigneur, et fut retrouvé que non, d'autant que le fief vient de par la femme..." L'histoire ne dit pas si l'animal fut retrouvé...

     

    1 Ernest MATTHIEU :
    La Pairie de Silly, etc.
    pages 73 & 74

    Gommenpont en Ostiches, relevait de l'abbaye de Saint Denis en Brocqueroie, sise à Maisières, près de Mons. On cite déjà ce fief en 1306, quand Jehan de Tongres, seigneur du lieu, signe en faveur de l’abbaye de Cambron, jadis haut lieu de spiritualité, une charte de donation d’un journel et demi de pré et prairie gisant au lieu dit «a Masures» en sa justice de «Gamaupont» et octroie aussi à l’abbaye, la possibilité d’acquérir encore un autre journel et demi pour les tenir de lui ou ses successeurs moyennant le respect du cens qui est dû et sa justice seigneuriale.
    «Chou fu fait en lan de grasce mil CCC et sis ou moys de may».

     

    Jean-Jacques DESMET:
    Cartulaire de l’abbaye de Cambron t.II, Bruxelles, C.R.H., in 4°, 1869, n° XXIV, pages 721 & 722

    L'acquisition de ce fief par les Baudrenghien remonte avant 1367. Le cartulaire des mortemains de Hainaut renouvelé en 1460 décrit les droits du comte et aussi ceux du seigneur, les « hoirs de Baudrenghien » : «En celli ville cest assavoir ens ou fief tenu de mondit seigneur le comte qui fu Jehan de Tongre et qui présentement appartient a …… (un blanc) a mond seigneur le comte les dousaines de tous ceulx e celles qui y demeurent et meilleurs catelz de ceulx qui vint de vie a trepas. Sauf que francque orine delivre ainsi fait Saint Ghislain Saint Vinchien de Sougnies Saint Estienne de Braine Laloet et St Pierre de Renaix de ceulx qui sont a leur sainteur pour bonne orine Item en cellj ville cest assavoir sour le dit fief Sainte Waudru alez deux tiers de ceux qui sont a son sainteur et mons l’autre tierch Item ceulx de Lobes on aussi le moittie de leur sainteur et mons lautre moirie Item a aussi audit fief pluseurs masures q donnet meilleurs cattelz aux hoirs de Baudrenghien pour le second cattel car mons y a devant et prent tout premier le sien. Et se a mons en celly ville par son espial un orine qui li appertient si comme lorine des Logement lesqlz et chun deulx doivent chun an a monsr lomme XII d et la femme Vid et li meilleur cattel a la mort ou que ils voisent demourer et silz demeurt es generals de mondit seigneur ilz payent a mons chcun an 2 dousaines et a la mort deux meilleurs cattelz.

     

     

    Arch. Dép. du Nord
    B 12.120, f° 200 v°
     

    Deux dénombrements de Gaumanpont sont conservés. Le premier de 1502 : "Declaration des fiefs tenus de l’église z abbeye de Saint Denis en Brocqueroye rapporter par les possesseurs diceux a Nicolas Fernay bailly dicelle egle apres la publication faite en le ville de Mons au mois de novembre lan mil chincq cenz z deux ainsi quil sensuit..."

     

    idem (f°204) (f°210)

    Jacques de Baudrenghien escuyer sgr de Goumanpont tient sa terre dud Gommanpont de lad egle z abbaye St Denis en fief ample qui se comprend en une maison grange z marescauchies prez terres conten VJ bonnirs ou environs item en XVJ ou XVIJ masures qui doivent aud fief mortemains et nulles cattelz sur tous ceux et celles allant au lieu de vie a tresppas item en tout le terroir dud Gomanpont terrages de XIJ garbes du cent et pour chun journel une garbe de fon en cens de rente dave et de chappons avec la justice haute moyenne z basse mayeur z esch et vaut par an ……….(en blanc).
    Il y a un arriere fief tenu dud Goumanpont non rapporte avec ce denombrement chi dev : Jehan de Ghillenghien demand a Ath tient ung fief ample de le d egl gisant en le pche d’Ostiche au lieu condist a Gonmanpont se comprendant en XX stiers dave XX chapps et en XXXII S IX D fors demj chun an sur plusieur heritage aud Goumanpont proche Ostiche vaut par an……(en blanc)

     

    ADN, B 11.947, Dénombrement de fiefs biens appartenants et dépendants de plusieurs abbaye et des particuliers en Hainaut et Cambresis en 1502 (f° 204 )(210)

    Le second, un peu plus d’un siècle plus tard en 1633, c’est un autre Jacques de Baudrenghien qui relève ce fief : "Declaration des fiefs gnallem tenuz et mouvans de l'église et abbaye de St Denis en Brocqueroye mis es mains du sr Luois Scollart bailly dont icelluj at couche endesoubz chun fiefs les derniers heritiers et reliefz quy en ont estez faitz Jacques de Baudrenghien escuyer sr de Goumanpont tient de la ditte eglise de Saint Denis un fief ample lequel se comprend en toute sa terre dudit Goumanpont où il y at maison grange et estables marescauchiez jardins pretz terres rentes d'argents d'avoines et de chappons droictz et mortesmains sur tous le general du terroir dudit Goumanpont droict de terraige de douze garbes du cent et pour chun journel un garbe de fons et sur ledit fief toutte justice haulte moienne et basse et avecq en ce aulcuns homaiges quy tenus en sont le ferme de la ditte seigneurie se met en l'eglise dOsticque se vaut par an" (en blanc)

     

    Gomanpont f°23


     

    Existent toujours à Ostiches, le hameau de Goumantpont (sic) et à Flobecq celui de Boudenghien (sic). Font très probablement partie de cette branche des seigneurs d'Ansermont et de Gomanpont, les porteurs du patronyme qu'on rencontre à St-Sauveur.

     

     

     

     

    Orthographes rencontrées :  

     

     

     

    Ghomanpont, Gomanpont,
    Gommenpont, Goumanpont,
    Goumontpont, Ghemanpon,
    Ghomanpont, Ghommespont.

    La châtellenie de Flobecq était l'une des plus importantes du domaine des sires de Pamele-Audenarde. Délimitée par les ruisseaux d'Ancre prenant sa source à La Hamaide; du Ronsart et les rieux du Tordoir, elle couvrait les villages avoisinants d’Ogy, Ghoy, Ellezelles et Wodecq.
    Le bourg, qui bénéficiait d'un moulin à aubes, développa sa vocation agricole sous la protection du château féodal. Les abbayes de Liessies, de Magdendael et d'Ename y possédaient fermes et biens, St-Martin de Tournai y avait la dîme principale et l'autel. L'existence d'une halle dès le XIII° siècle témoigne de l'essor économique que lui apporta la culture et surtout la confection du lin. Ce commerce fut conforté au siècle suivant, quand les grandes villes du Nord, comme Tournai, Bruges ou Gand se consacrèrent davantage aux productions textiles de qualité et le tissage de riches tapisseries, abandonnant à des bourgades rurales plus proches de la production, le tissage des draps et des linges usuels.

     

    *Matrice cadastrale du MET sur le site :
    "Patrimoine majeur de Wallonie"

     

    Les Comtés de Hainaut et de Flandre et les Terres de Débats.

     

     

    Si vous le voulez bien, ouvrons une parenthèse pour expliquer succinctement comment émergèrent les rivalités entre les Comtés de Hainaut et de Flandre pour les terres limitrophes, dites de Débats.

     

     

    C'est au IXè s que le Hainaut devint un comté, et au XIè s qu'il fut uni à la Flandre par mariage. Ceci provoqua des rivalités auxquelles Saint Louis dû mettre un terme par arbitrage.

     

     

    Nombre de documents, conservés aux Archives de la cure d’Ellezelles témoignent des complications qui surgirent, après 1280, consécutivement au décès de Marguerite de Constantinople*, et notamment sur l'indivision relative à la suzeraineté des seigneuries de Lessines et de Flobecq, déjà "Terres de débats". En effet, à la suite de leur mère, et selon la volonté de Louis IX, les comtes Jean d’Avesnes et Guy de Dampierre se partagèrent respectivement le Hainaut et la Flandre, mais le manque de précision délimitant les deux comtés, fut prétexte à revendiquer par les demi-frères, ces terres limitrophes, en ce inclus les villages environnants de Bois-de-Lessines, Ellezelles, Ogy, Papignies, Wodecq et leurs dépendances. En 1281, les hommes de fief de Flobecq et Lessines ainsi que le Seigneur d’Audenarde, qui avait ces terres en domaine, déclarèrent solennellement relever du comté de Hainaut.

     

     

    *Comtesse de Flandre et de Hainaut depuis 1244.

    En 1300, le Hainaut s'enrichit des comtés de Frise; de Hollande et de Zélande. Le comte de Flandre s’empara bientôt des terres limitrophes de Flobecq et de Lessines, mais un traité confirmé par un diplôme de Louis de Bavière, le 3 mars 1324, rendit au Hainaut les terres susdites, à charge d’en rendre hommage à la Flandre.

     

     

    Au XV° siècle, des difficultés resurgirent à propos du même contentieux. En 1433, Jacqueline de Bavière céda ses Etats à Philippe le Bon, associant la destinée du Hainaut à celle de Bourgogne étendue en 1482 à celle des Habsbourg.

     

     

    En 1515, le jeune empereur Charles Quint, plaça "en oubli" les "Terres de Débats" sous l'autorité de son Grand Conseil de Malines.

     

     

    Ce n'est qu'en 1737, qu'on convint, enfin, de protéger la juridiction.

     

     

    Depuis 1963, Flobecq (Vloesberg) est une commune francophone où les flamands, minoritaires, bénéficient de facilités linguistiques.

     

     

     

    Le village de La Hamaide

     

     

    La position stratégique de La "Hameide", dont le nom même, dérivé du francique "hamitha", désigne une barrière, nécessita très tôt une fortifications, suivie d'un château fort jouant le rôle de place forte dans la lutte territoriale dont nous venons d'exposer.

    C'est dans la première moitié du XII°s qu'est faite mention d'un certain Allard Hasbanion dont les descendants auraient repris le nom du village. En 1158 Gérard de La Hamaide figure dans l'entourage du comte de Hainaut Baudouin IV pour lequel il assure en 1184 un service de garde au château de Mons en qualité de pair.
    Il est encore mentionné en 1160 avec ses fils Arnould et Julien dans les Annales de l'Abbaye de Saint-Ghislain. En 1201 Odon Ier est cité parmi les nobles du Hainaut et dès 1235 ses successeurs portent officiellement le titre de seigneur du lieu.

     

     

    L’avènement du régime féodal fit de Lahamaide un fief lige relevant de Silly, l'une des 12 pairies que comptait la châtellenie de Mons attachée à la maison d'Avesnes. Le document ci-dessous permet de mieux comprendre la hiérarchie vassalique très structurée de cette époque: On y voit le comte de Hainaut, chapeautant ses pairs. La maison de Trazegnies, dont dépendait Silly (la commune en a conservé les armes), est représentée en septième position. Viennent ensuite les vingt-deux bannerets hainuyers; riches et puissants chevaliers capables de rassembler sous leur bannière une compagnie en armes et parmi lesquels on reconnaît en première place du second rang, un Hamaide (post.1453). Enfin, six officiers héréditaires forment la base de cette pyramide féodale.

     

    *Bibliothèque Royale Albert Ier - (Albertine) Manuscrit n°5748-50

     

    Les Baudrenghien, Baillis de La Hamaide au XVIè siècle

     

     

    C'est dans la lignée des « Missi Dominici » de Charlemagne que le comte de Flandre, Philippe d'Alsace créa au XIIè siècle, la fonction de « bailli ».

     

     

    Comme dans toutes les communes disposant d'un échevinat libre, c'est-à-dire indépendant du clergé, le bailli de La Hamaide, était directement nommé par le seigneur du village, qui le recrutait au sein de la petite noblesse instruite de son entourage. Cet officier d'armes aux pouvoirs étendus dirigeait en son nom l'exploitation de la baronnie et veillait à la bonne exécution de ses ordres sur ses terres. Il détenait le pouvoir judiciaire et le droit de ban, lui permettant de commander, contraindre ou déléguer des prérogatives comme l'aurait fait son seigneur. Pour l'aider dans sa tâche, le châtelain plaçait sous son autorité une cour féodale composée d'hommes de fiefs, de sergents et d'un greffier.

     

     

    La proximité de terrain du bailli et de ses hommes, sur une seigneurie très étendue, permettait au châtelain de gérer plus efficacement son bien, d'être informé de ce qui se passait sur ses terres et d'y faire régner l'ordre. En somme, d'asseoir son autorité.

     

     

    Outre les tâches administratives, le bailli assistait aux actes officiels, qu'il signait en qualité de témoin. Il nommait aux différents emplois de la baronnie et recevait entre ses mains les prestations de serment des intervenants. Quand un cens (impôt) sur l'exploitation des fiefs relevant de La Hamaide, d'application dès 1479, c'est encore au bailli que revint la tâche de le percevoir en plus de la dîme (dixième des récoltes) et des redevances diverses, qui rapportaient déjà plus de 2200 livres tournois. Il pouvait recourir, si besoin en était à la répression et même à la force. Il avait encore le droit d'accusation, de prise de corps, d'emprisonnement et de prélèvement d'amendes sur lesquelles il était rémunéré.
    A la fois juge et partie, l'ascendant que le bailli pouvait avoir sur les villageois ne devait pas le rendre très populaire aux yeux de la population, mais gageons que pour sa propre crédibilité, il devait faire montre d'une grande probité, sans laquelle une même famille ne se serait probablement pas transmise cette tâche durant trois générations.

     

     

    La Hamaide passa en 1485 à la maison des Luxembourg-Fiennes par le décès du 15ème et dernier seigneur porteur du nom. Ce n'est que quelques mois avant sa mort que Michel de La Hamaide, chevalier, seigneur de Rumigny en Hainaut et de Vicq sur l'Escaut, succéda à son frère Arnould, mort sans descendance d'avec son épouse Jehanne de Lille. Ils étaient les fils de Arnould V et Isabelle de Bousies et eurent pour hoir féodal, leur cousine germaine, Marie de Berlaymont (†1529), dame de Ville (Pommeroeul), douairière de Fiennes en Artois et épouse de Jacques (Ier) de Luxembourg (1443-1517), Seigneur de Fiennes, Sottenghien et Arquinghem-sur-Lys, chevalier de la Toison d'Or et gouverneur de Douai pour le duc de Bourgogne.

    Cette même année, pour Madame la Douairière de Fiennes, dame de La Hamaide, l'écuyer Jacques de Baudrenghien, seigneur de Gomanpont à Ostiches et de Belle à Marcq (Enghien), fils de Arnould, Seigneur de Gomanpont et de Flandrine de La Hamaide, épousa Demoiselle Antoinette de Luxembourg, fille illégitime de Jacques de Luxembourg  (1442-1517) et de N. de Reyghersvliet. C'est de lui dont nous avons parlé dans le chapitre des "origines" qui, selon certains généalogistes, aurait abandonné les armes ancestrales à la croix de gueules cantonnée d'étoiles pour reprendre celles de sa mère en les brisant de besants.

    Quelques années plus tard, peut-être en 1502, elle le nomma comme bailli de ses terres. Agé d'une quarantaine d'années et déjà en charge des baillages de Lessines et Flobecq, depuis 1495, Jacques occupa ces fonction jusqu'à la Saint-Jean 1523, avant de s'éteindre le 17 mai de la même année, âgé d'environ 63 ans. Il fut inhumé en l'église de Lessines, ville dont il fut un temps le mayeur, fonction qui lui avait permis, entre autres de présider la cour féodale.

     

     

    En 1530, au décès de Jacques de Luxembourg, troisième du nom, la seigneurie revint à sa soeur, Françoise (1495-1557), veuve du comte Jean d'Egmont (1490-1528) et mère de trois enfants prénommés Charles, Lamoral et Marguerite. A cette époque, Ernould de Baudrenghien, cumulait lui aussi un mayorat à Grammont. Au terme d'une vie bien remplie, il fut inhumé en l'église de La Hamaide, sous un tableau le représentant en armes : « Chy devant gist sires Ernould de Baudrenghien, escuyer, fils de Jacques, en son temps Mayeur héritable de Grammont, Bailly de la Hamaÿde et appartenances, lequel trépassa le 4 septembre 1546 ».

     

     

    Lamoral d'Egmont naquit au château de La Hamaide le 18 novembre 1522. Au décès prématuré de son frère aîné, il porta seul le titre perpétuel de comte, accordé à son grand-père en 1486 par Maximilien II. Neveu du roi d'Espagne par sa mère, il portera les titres prestigieux de Prince de Gavre et de Steenhuysen; Baron de Fiennes, Gaesbeke et Hamaide; Seigneur de Purmerent, Hoogwoude, Aertswoude, Beyerland, Sottenghien, Dondes, Auxy et Baer. Capitaine général des Pays-Bas sous Charles Quint; Chevalier de la Toison d'Or; Chambellan de Sa Majesté Impériale et Conseiller d'État de Flandre et d'Artois sous Philippe II.

     

     

    Jean de Baudrenghien, une fois ses études de Droit terminées à l'université de Louvain*, se vit confier la gestion des terres que le comte possédait en Hainaut. A ce titre, il résida au château du Blockhaus, propriété comtale, comme d'ailleurs tout le village de Wannebecq. A l'époque, l'édifice opposait douves et pont-levis à l'assaillant et l'on raconte, sans jamais l'avoir trouvé, ou vraiment cherché, qu'un sous-terrain assez haute et large pour permettre le passage d'un homme poussant une charrette à bras, reliait le château de Wannebecq à celui de La Hamaide.
    Jean perdit fonction et logement en 1568, dans la foulée de l'arrestation de son maître et la préhension de ses biens, avant d'être inquiété à son tour par l'Inquisiteur. Jugé à Mons, il eut malgré tout plus de chance que le pauvre comte d'Egmont, exécuté quelques semaines plus tard sur la Grand'Place de Bruxelles, laissant par la force des événements, dans le dénuement le plus complet, une épouse aimante et onze enfants.

     

    *La KUL Leuven était, francophone à sa fondation en 1425.

    En 1573, Luis de Requesens, plus modéré, succéda au duc d'Albe au poste de gouverneur des Pays-Bas. Il dissout le Conseil des Troubles et accorda une large amnistie, dont bénéficia Philippe d'Egmont, le premier fils de Lamoral et filleul de Philippe II. Ce dernier recouvrera titres et biens. Il est cité en 1577 : « Messire Philippe, Comte d'Egmont, prince de Gavre et Stenhuse, baron de Baer, Sgr. De Fiennes et de la Hamaide, chevalier de la Toison d'Or, etc. en vertu d'engagement que lui a fait Madame Françoise de Luxembourg, douairière d'Egmont, etc.»
    Les documents officiels, dénombrements, oeuvres de loi, comptabilité, procès, etc. mentionnaient généralement le nom de l'officier seigneurial en charge de les rédiger. A ce sujet, une importante comptabilité de la baronnie de Lahamaide entre 1479 et 1795 est conservée aux Archives de l'État à Mons, et aux Archives Départementales du Nord à Lille. On retrouve un dénombrement du village daté de 1589, où Philippe d'Egmont est cité en noble et puissant seigneur du fief lige de le Hamaide, mais le nom bailli n'y est malheureusement pas mentionné.

     

     

     

    Le comte d'Egmont portait également en estime son "demi-cousin" Jacques de Baudrenghien, fait chevalier des mains de Charles-Quint et à qui il confia le port de son étendard menant ses hommes au combat, jusqu'à la campagne de Metz, qui lui fut fatale, l'hiver 1552-1553.

    En fait, Françoise de Luxembourg, la mère de Lamoral d'Egmont et Jacques de Baudrenghien avaient un grand-père commun en la personne de Jacques Ier de Luxembourg.
    Françoise était la fille de Jacques II, fils de Marie de Berlaymont, l'épouse légitime. Jacques de Baudrenghien vint par Antoinette de Luxembourg, fille illégitime, mais néanmoins reconnue, du seigneur de La Hamaide et d'une demoiselle de Reyghersvliet.
    Remarquons aussi la transmission du prénom du père, au fils légitime, et au petit-fils illégitime.

     

     

     

     

    En 1635 le seigneur de Ghomanpont, encore un autre Jacques de Baudrenghien, se marie et quitte la région. Il épouse à Ath, Jeanne de Glymes1  liée à la riche et puissante famille connue du Brabant, et dont les parents sont les libres seigneurs de le terre franche2 de Cour-sur-Heure, "fief de reprise" classé dans les registres de la Cour féodale de Brabant 3.

    On trouve déjà une première mention de cette dépendance agricole de l'abbaye de Lobbes, au IX°s dans un polyptyque des propriétés monastiques, dressé par (Saint) Jean, 17ème évêque de Cambrai (866-879), à la demande de Lothaire II (roi de Lotharingie, arrière-petit-fils de Charlemagne). Le document situe le village dans le "pagus lommensis" (pays de Lomme) à la suite de Naslineas (Nalinnes), Berezeis (Berzée) et Tier (Thy-le-Château).

     

    1 Pour cette famille, voir
    "LE PARCHEMIN"
    n°353 de sept-oct 2004,
    pages 329 à 354

    2 Terres soumises à une imposition fixe annuelle la dispensant de tout contrôle provincial, fréquent pour les enclaves Brabançonnes en principauté de Liège.
    La Châtellenie d'Ath et le Tournaisis bénéficiaient des mêmes privilèges.

    3 Abbé SOUDAN (1930):
    La terre et seigneurie franche de Cour/Heure.

    Plusieurs enfants naquirent de cette union 4  et à la génération suivante, Philippe de Baudrenghien, fils d'Alexandre et Anne-Marie Ryckewaert épousa sa cousine Anne-Marie de Glymes, et la baronnie de Samart. C'est en effet en ce début du XVIII°s que cet arrière-arrière fief du Prince-Evèque de Liège fut élevé en baronnie, conférant un titre de noblesse à ses nouveaux propriétaires.

      4 Jean-Baptiste de GREZ, Fonds héraldique du Ministère des Affaires étrangères, sous réf. 3m46.

    Dans la cour du château, on peut s'amuser à chercher, taillé dans un linteau de pierre recouvrant l'une des portes d'entrées du corps de logis, un petit blason millésimé "1735". Il est haut d'une vingtaine de centimètres, arbore 3 hamaides alésées*, chargées de 9 besants et une guirlande de laurier pointe en son cimier  une  couronne de baronnie  hispanique.

      * Qui suivent le contour de l'écu

    Château-ferme de Samart (Philippeville)

    C'est la reproduction à l'identique, en modèle réduit, de celui qu'on peut voir sur la pierre tombale de ses grands-parents, en l'église de Cour-sur-Heure, pour Jacques de Baudrenghien, mort en 1683 et son épouse Jeanne de Glimes, ou encore sur la dalle de marbre érigée à la mémoire de son oncle, Jean-Baptiste, chevalier de l'Ordre de Saint Jacques de Compostelle, mort à Madrid en 1666* .

      * à gauche du porche d'entrée.

    A Samart, comme à Cour-s-Heure, on s'étonnera peut-être de la forme ovoïde des écus supportant indifféremment les armoiries des conjoints. Il faut savoir qu'à partir de la moitié du XIVème siècle, avec la disparition progressive des boucliers d'armes défensifs, la représentation graphique des écus

      Eglise de Cour/Heure

    prirent quelques libertés artistiques, avec des restrictions de modes, us et coutumes de lieux et de moments. Les contours, moins sujets à discordes, manifestent des ambitions esthétiques et se déclinent progressivement sous diverses formes. Désormais, l'ovale n'est plus exclusivement réservé à la gent féminine comme il le fut jadis, mais peut-être devrions-nous voir ici, un hommage aux dames de Glymes ?

      Pour complément, lire le "Guide de l'Héraldique" de Claude Wenzler, p.30

    En 1517 Marguerite de Baudrenghien, Prieure à Lessines ordonna la réédification de l'Hôpital Notre-dame, dont certaines parties du corps de logis et des bâtiments du coté de la ferme. Des quittances pour la fourniture des matériaux jusqu'en 1559 ont été conservées au musée.

    Théodore Lesneucq*, nous apprend, que cette noble Dame aurait participé en fonds propres aux travaux et aurait renouvelé une partie non négligeable du mobilier de la maison. C'est pour sa générosité et son désintéressement que son blason fut scellé sur la cheminée du réfectoire, lieu de rassemblement et de méditation, où durant des siècles les religieuses prirent silencieusement leurs repas, en écoutant l'une des leurs lire un à un les noms des défunts du martyrologe.

      * Nommé tardivement Archiviste communal, il publie en 1906 une seconde édition enrichie, de sa monographie "Histoire de la ville de Lessines". d'où ces propos sont relevés à la  page 182.
      Réalisé en bronze l’écu porte trois fasces ou hamaides, chargées respectivement de
    4, 3 & 2 besants.

    Autour de la fondatrice, Alix de Rosoit (1242) et de son fils Jean d'Audenarde (1247), on honore parmi les mécènes* de l'institution, Maître Arnould, prêtre (1267), les prieures Marguerite de Baudrenghien (1526) et  Jeanne Duquesne (1661), et de grands Sires du Moyen-âge, comme Godefroid de Louvain (1245), Gérard de la Hamaide (1275), Charles de Rebaix (1275), ou la célèbre famille montoise du Breucq (de 1349 à 1369). Au XVI°s, Martin d'Alost d'Ogy et plus proches de nous, François et Célestine Dumortier (1890-1905) et Léon Borreman en 1900.

      *Au dessus du porche d'entrée de l'hôpital, sont scellées en façade dix-sept plaques de marbre gravées aux noms des bienfaiteurs de l'institution.Certaines d'entre-elles sont encore vierges.

     

    Terminons ce second paragraphe par la visite de l’église de Bois-de-Lessines et plus particulièrement de sa chapelle seigneuriale.

    Raymond Duhaut, Membre du Comité du Cercle d'Histoire de l'entité Lessinoise, nous apprend*
    que la très ancienne paroisse de Bois-de-Lessines, déjà mentionnée dans le Veil Rentier, trouve ses origines à la fin du XII°s quand les missionnaires du Chapitre Métropolitain de Notre-dame de Cambrai y érigèrent une chapelle vouée à la sainte. Des vestiges retrouvés à la rue Basse, la situent entre les bien nommées, rues Notre Dame et de la Croix. Détruite au milieu du XV°s, elle fut remplacée par un bâtiment plus grand érigé à l'emplacement de l'actuelle place communale, sur un terrain appartenant alors au châtelain. Le nouvel édifice était flanqué de deux chapelles latérales, la première vouée à St Nicolas, la seconde, abritant la statue de la Vierge et l'autel initial. L'ensemble fut
    dédié, on ne sait trop pourquoi, aux deux martyrs : St Gervais et St Protais*.

     

    * Cercle d'Histoire de l'entité Lessinoise :
    "Église et maison presbytérale à
    Bois-de-Lessines"

    n°100 - déc. 1998

    *A l'époque de Néron, les frères jumeaux Gervais et Protais, après s'être convertis au catholicisme et à la pauvreté furent martyrisés à Milan par un général romain, auquel ils avaient tenu tête.

    En 1784, l'état de délabrement des murs amena à la décision de construire une nouvelle église qui sera achevée six années plus tard.
    L'édifice en brique surmonté d'un petit clocher abrite l'antique cloche datée de 1363. La nef fait cinq travées, avec des collatéraux et un choeur. La chapelle tribune qui nous intéresse, n'aurait été construite que plus tardivement, en 1853, à la demande et aux frais du marquis Théodore d'Yve de Bavay, châtelain et bourgmestre de la commune. Les murs de cette chapelle, aujourd'hui délabrée, sont peints d'un leurre de marbre jauni et veiné. le plafond constitué d'une voûte ogivale supporte un lustre en bronze.
    Une douzaine de chaises défoncées font face à un petit autel et dans le sol pavé de carreaux noirs, on devine plusieurs dalles funéraires aux inscriptions à moitié effacées.
    Mais dans le fond de la pièce, paraît le somptueux tombeau de Nicolas de Cottrel mort le 23 octobre 1564 et de son épouse Louise de Rubempré, décédée le 17 décembre 1587. La raison pour laquelle nous nous intéressons plus particulièrement à ce personnage est qu'il était le fils de Pierre de Cottrel et de Jacqueline de Baudrenghien, proche parente (soeur ou cousine ?) de la prieure Marguerite dont nous avons parlé précédemment.

     

     

     

       Gisants
    (Bois-de-Lessines)

    Le socle de pierre blanche est long de 2 m 22 et haut de 1 m 10. Sur la table de pierre bleue reposent deux très beaux gisants en bronze, aux pieds desquels sont respectivement couchés un lion et un lévrier.
    Les défunts ont les mains jointes, en position de prière. La dame est représentée en coiffe et vêtue d'une longue robe. Son époux est en tenue de combat, son heaume placé en tête, son épée et ses gantelets posés à ses côtés. Il porte une cotte armoriée de 14 couronnes posées 4, 3, 4 ,3 propre à la famille de Cottrel. On remarque des traces de réfections (antérieures à 1926) au niveau des mains et de l'épée du chevalier.
    Le pan du côté des pieds porte une plaque de laiton avec l'inscription : "Nicolas de Cottrel
    V le XXIII° jour d'octobre XV°LXIIII et Louise de Rubempré, son épouse, V le XII° de décembre XV°LXXXVII.
    Le côté droit du monument, présenté frontalement, arbore les armes des Cotrel, des Baudrenghien, des Rubembré et de la maison de Bourgogne, parents respectifs des défunts, du moins, pour les trois premiers. Car, sauf erreur, Louise était la fille de Charles de Rubempré (
    V 22/4/1549), Grand Chambellan de l'empereur, chevalier  seigneur et vicomte de Montenaeken, seigneur de Biévène, Resves, Warfusée, Haveluy, Aubigny, Estrées, Haibes, Bourghelle, Jenlin, etc. et de Jeanne de Bousies(1) (V 6/7/1549),  héritière(2) de Vertaing en Cambraisis, de Féluy, Gosselies, Tubize, etc, tous deux inhumés en l'église deRêves (Fleurus).

     

     

    (1) Pour cette Famille, voyez Christophe Butkens, Trophées de Brabant. Supplément, t.1, p. 224. Bibl. Nat., à Paris, "Rapsodies des Recoeuilz de M. Jean Scohier, Beaumontois, aumônier de la maison de Crouy" 2e vol. copié en Flandre en 1620 sur le manuscrit original audit J. Scohier par feu Pierre d'Hozier. Additions de la main de d'Hozier, le fils. Vol. II, p. 177 (d'après ANB.1912 - p.281)

     

    (2) Les Bousies étaient seigneurs de Gosselies et châtelains de Feluy dès 1380 et jusqu'en 1548, avant de passer aux Rubempré par ce mariage.

    Pour la petite histoire, leur seconde fille, Marie de Rubempré, veuve de Jehan de Sainte-Aldegonde, et remariée en 1543 au comte de Gunterstorff, lui même issu d'un premier mariage avec Jossine de Jauche, devint un temps, l’amie du puissant empereur que servait son époux. Le mari, humilié s'expatriât avant de rejoindre les rangs ennemis français.

     

    A.N.B. 1911, p.125

     

    Quartiers
    (Bois-de-Lessines)

    Le blason des Bousies (d'azur à la croix d'argent), aurait-il été sacrifié par l'inhumation en ce lieu de la très noble dame Isabeau de Bourgogne, belle-fille des gisants, épouse de leur fils, Charles ?... Cette hypothèse, bien que probable, reste à vérifier.

    Quoi qu'il en soit, un inventaire détaillé du patrimoine de l'église, publié en 1926 décrit en page 46 un "cénotaphe" et donc un monument mortuaire vide, sans toutefois préciser s'il a été ouvert à cette occasion ou si l'auteur se base sur un rapport antérieur. On ne soulève pas aussi facilement une pierre tombale de 10 cm d'épaisseur...
    Sur une photographie en noir et blanc, qui accompagne ce texte, on voit les blasons des Rubempré et des Bourgogne respectivement aux places actuelles. Ceux des Cottrel et Baudrenghien, par contre, étaient à l'époque, manquants.

     

     

    La branche des Baudrenghien portant les hamaides chargées de besants, s'éteignit à Samart, au décès du baron Philippe. Sur un des linteaux de portes, donnant sur la cour du château, on peut voir, taillés dans la pierre, un petit blason et une date... 1735.

     

     

     

    | sommaire |

     

    4.3. Les (de/der) ou Baudrenghien de France

     

     

     

     

     

    Dans son manuscrit (discutable) "Généalogie des Provinces du Nord" Casimir de Sars de Solmont décrit : "de Baudrenghien de Valenciennes portant d'or à la croix de gueules cantonnée de quatre étoiles à six rais de sable ou 4 molettes (des molettes sont dessinées). Cimier: une tête et col d'aigle d'or".

     

    *Bibl. mun. Valenciennes : Manuscrit de Casimir de SARS de SOLMONT : Généalogie des Provinces du Nord, p.617.

    En 1815, Monsieur de Saint-Allais, connu précédemment pour un ouvrage sur les "Généalogies historiques des Maisons souveraines de l'Europe", décrit dans un "Nobiliaire Universel de France*"  les armes des Baudrenghien, en Cambrésis : d'or à la croix de gueules, cantonnée de quatre étoiles de sable".

     

    *de SAINT-ALLAIS:
    "Nobiliaire Universel de France ou Recueil Général des Généalogies historiques des Maisons nobles de ce royaume"
    (1815) tome 5 - page 178.

    Nombre d'exégètes ont erronément affirmé que les Baudrenghien de Belgique sont originaires de Bourgogne par un homonyme, prénommé Jean, venu aux Pays-Bas avec le duc Philippe II le Hardi au XIVème s.
    C'est oublier que des porteurs du nom étaient déjà connus en Hainaut bien avant cette époque. Selon Pierre Looze, cette théorie improbable est due à une erreur d'interprétation des textes anciens, où il fallait lire Jean
    * "revint" de Bourgogne avec Philippe le Hardi...

     

    * Ce Jean qui nous est connu, avait pour épouse Jenne de Homsbrouck

    (Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°133).

    Empressons-nous d'ajouter, qu'un Jean de Baudrenghien est déjà cité en 1248 à St Omer en Artois et qu'il faut considérer également le hameau de Baudringhem recensé depuis des temps anciens sur la commune de Campagne-lès-Wardrecques, dans le Pas-de-Calais, mais avec lesquels, nous n'avons aucun lien connu à ce jour.
    Aujourd'hui, on retrouve des porteurs du patronyme et de ses dérivés, principalement dans le département du Nord [59] et notamment à Lille, Roubaix, Armentières, etc.

     

     

    Par contre, dans le premier quart du XVIème s., un rameau des Baudrenghien du Tournaisis, devint une famille importante de Valenciennes. En effet, la terre seigneuriale de Préseau ("Pressal" à cette époque) leur fut transmise le 27 novembre 1516 par legs de Jeanne de Lannoy, au profit de son cousin Hubert de Baudrenghien, fils de Raisse (Jean), Sgr. du Marquais et de Jenne du Gardin. La malheureuse Jeanne de Lannoy, héritière de le terre de Préseau par sa mère, Simone Boidts, avait été enlevée en mai 1515, séquestrée et épousée contre son gré par un certain François d'Ailly, dit de Sains, seigneur d'Haulchin, déjà veuf d'un premier mariage.
    Elle mourut en novembre de l'année suivante âgée d'à peine 36 ans. Lui, fut gracié par Charles Quint du chef de rapt.

     

    Bibl. mun. Valenciennes M.S. de Sars, VII, pp.92 & 113.

    Du Chastel: Généalogies
    Tournaisiennes  II,p.409.

    Arch. dép. Lille, B. n°1727, f°I.

    Archives de l'Etat à Mons, greffes scabinaux, Préseaux, 6-5-1515.

    Le Parchemin 196/1978, pp 207 à 223

    On trouve une première mention de "Presel" en 1117, quand le hameau et l'autel de la paroisse furent donnés à Saint-Jean de Valenciennes par l'évêque de Cambrai. Raison pour laquelle les pairs

     

    Joseph GENNEVOISE
    "Estreux-Préseau"
    Ed.1935 - Chap.II, p.44

    Eglise et château de Préseau

    et leur famille, étaient tenus à faire leurs Pâques en l'église abbatiale et d'y faire célébrer leurs obsèques. Mais finalement peu de ces seigneurs habitèrent la localité et l'église paroissiale du village, qui disposait d'une tribune seigneuriale retint ceux d'entre eux qui occupèrent le château.

     

     

    A cette époque Presel n'était que le lieu-dit d'un village portant le nom de "Helpignies" ("altare de Helpeneis cum appendicio suo Peresello"), progressivement absorbé par la prospérité et l'expansion de Préseau en son sein.
    Il prendra plus tard d’autres formes orthographiques, telles que "Prezel" en 1186 ou "Prese" en 1248, dont l'origine trouvée dans les "prés" ou les "prairies" environnants ne varie pas.

     

     

    Cette terre était l’une des six pairies du Comté de Valenciennes, dont le plus ancien seigneur connu est Guillaume Préseau, déjà cité avant 1142.

    On trouve ensuite les familles de Maubeuge, puis du Gardin aux 14° & 15° siècles. Le village compte alors 22 foyers pour une population de 110 à 130 habitants, qui vivent essentiellement de l'agriculture.

    Jean Boidts (dit de Stavelle), Trésorier Général du Hainaut, épousa Jeanne de Gardin, hoir féodal  du fief, qui fut transmis aux de Lannoy par le mariage de leur fille Simone de Boidts (V Tournai 1507) avec Louis de Lannoy.

     

     

    Bibl. mun. de Cambrai,
    ms n°879, f°126

    Leur malheureuse fille, Jeanne de Lannoy, décédée prématurément fit le legs que nous connaissons, à son cousin Hubert de Baudrenghien. Contesté par Jehan du Gardin, seigneur de Romegnies, le droit sur les fiefs succédés et échus ne fut concédé par lui qu'en 1526, par un accord amiable, après dix années de procédure en justice.

     

    Hubert mourut le 15 avril 1548. Au terme du conflit qui l'opposait à Jehan du Jardin, son fils Arnould, venait d'épouser quelques mois auparavant Marguerite de Lamine qui lui donnera huit enfants, dont 3 fils. L'aîné, Hubert, décèdera vers 1578 sans avoir eu d'enfants de son épouse Michèle de Hertaing. Son frère, Jehan de Baudrenghien *, capitaine d'une des huit compagnies bourgeoises de Valenciennes, hérita la seigneurie après lui, mais faute de n'avoir eu de fils, elle passera à son décès en 1612, à la maison de Croix par le mariage que sa fille unique, Anne, contracta sept ans plus tôt avec son cousin germain du côté maternel, Pierre de Croix, nommé postérieurement, Prévôt de Valenciennes. Dans cette première moitié du XVIIème s., où la région vit sous domination espagnole, Anne créera une fondation de bienfaisance en 1626.

    Leurs succéderont plusieurs générations, la pairie passant des maisons de Beaufremez et de Beauffort à celle de Mérode.

     

     

    *Notre Référence : 12086

    SAINT-ALLAIS : Nobiliaire universel de France T. 19 p. 389 & suivantes, mstm, Dumont - Quartiers généalogiques

     

     

    En 1448, le cartulaire de Préseau porte à 308 muids, une huitelée et trois quartier, la superficie des terres cultivées, ce qui est comparable aux 553 ha (sur 634 ha) de labours relevés en 1832 dans l'Annuaire du département du Nord.

     

     

    Les dix hommages (ou arrière-fiefs) de Préseau, tenus en un fief ample « de Sa Majesté, à cause du comté de Hainaut », furent encore relevés en 1567, par Hubert de Baudrenghien, écuyer, seigneur de Préseau, petit-fils du premier, à savoir :

     

     

     

     

     

        1. Un fief se comprendant en huit muys de terre, y compris

    sa cense audit Préseau, valant par an cinq muids de blé.

        2. Un autre fief se comprendant en XVIII huitelées de terre,

    valant par an II muids de blé.

    3. Un autre fief, se comprendaot en XXXVI huitelées de terre: XXIX sous blancs et XII chapons de rente, valant par an quatre muys et demi de bled.

    4. Un fief dit de le Motte à le Pierre, se comprendant en paturaiges et arbroyes avec trois mencaudées de terre y tenant, valant X livres tournois par an.

        5. Un fief se comprendant en un terrage de cinq gerbes par an

    au cent, à Préseau, valant quatre muids de blé par année.

        6. Un fief se comprendant en XXIIII huitelées de terre et une

    maison valant XXII mencauds de blé par an.

        7. Un fief se comprendant en II muids de terre, valant douze

    mencauds de blé.

        8. Un fief se comprendant en XIII huitelées de blé, valant par

    an un muid de blé.

        9. Un fief se comprendant en un terrage de cinq gerbes du

    cent, valant trois muids de blé par an.

        10. Un fief se comprendant en un terrage esclissé du précédent,

    valant onze mencauds de blé par an.

     

    Joseph GENNEVOISE
    "Estreux-Préseau"
    Ed.1935 p.91

    Arch. dép. Lille, B. U.950, f° 118.

     

    En 1724, le village acquière son nom actuel, on y recense alors 250 résidents.

     

     

    En 1856, Mr. Cellier écrivait*, que le castel, dans un parfait état de conservation servait alors de ferme."

     

    *Mémoires de la Société d'Agriculture de Valenciennes, t.VIII, p.91.

    Actuellement (2009), les ruines du château sont cerclées de barrières métalliques et la parc attend une reconversion touristique.

     

     




    5. Espérance de vie

    la moyenne de longévité concernant notre généalogie, calculée sur 23 générations entre les XIII° et XXI°siècles, pour 1387 hommes et 1233 femmes est de 56 ans et 5 mois pour les femmes et 63 ans et 7 mois pour les hommes.

     

     

     

     

     à travers huit siècles d'histoire...

       

     

     

    "Je ne viens pas de nulle part,
    je ne suis qu'un rameau, mais l'arbre est grand,
    Sa cime est dans les nuages".

     

     

     

    Elie WIESEL "Tous les fleuves vont à la mer"

     

     

     

    6. Périodes
  • 6.1 - Ere féodale (XI°-XII°s)
  • 6.2 - Les ducs de Bourgogne (1363-1477)
  •  
    6.2.1 - Philippe le Hardi (1363-1404)
    6.2.2 - Jean sans Peur (1404-1419)
    6.2.3 - Philippe le Bon (1419-1467)
    6.2.4 - Charles le Téméraire (1467-1477)
  • 6.3 - Les Habsbourg (1477-1515)
  •  
    6.3.1 - Marie de Bourgogne (1477-1482)
    6.3.2 - Philippe le Beau (1482-1506)
    6.3.3 - La Régence de Guillaume de Croÿ (1506-1515)
  • 6.4 - Le Régime Espagnol (1515-1713)
  •  
    6.4.1 - Charles-Quint (1515-1555)
    6.4.2 - Philippe II (1555-1598)
    6.4.3 - Les Archiducs Albert et Isabelle (1598-1633)
    6.4.4 - Philippe IV d Espagne (1633-1665)
    6.4.5 - Charles II d Espagne (1665-1700)
    6.4.6 - Guerre de Succession d Espagne (1701-1713)
  • 6.5 - Les Pays-Bas Autrichiens (1713-1791)
  •  
    6.5.1 - Charles VI (1711-1742)
    6.5.2 - Charles VII (1742-1745)
    6.5.3 - François Ier de Habsbourg-Lorraine (1745-1765)
    6.5.4 - Joseph II (1765-1790)
    6.5.4.1 La Révolution Brabançonne (1789)
    6.5.5 - Léopold II de Habsbourg (1790-1792)
    6.5.6 - François II (1792-1806)
  • 6.6 - La Belgique française (1792-1815)
  •  
    6.6.1 - Sous la République (1792-1804)
    6.6.2 - Sous l Empire (1804-1815)
  • 6.7 - Le Royaume des Pays-Bas (1815-1830)
  •  
    6.7.1 - Guillaume Ier d Orange-Nassau (1815-1831)
  • 6.8 - La Belgique indépendante (1831 >)
  •  
    6.8.1 - Léopold Ier de Saxe-Cobourg-Saalfel (1831-1865)
    6.8.2 - Léopold II de Saxe-Cobourg-Gotha (1865-1909)
    6.8.3 - Albert Ier de Belgique (1909-1934)
    6.8.4.a Léopold III (1934-1951)
    6.8.4.b La Régence du prince Charles (1944-1950)
    6.8.5 - Baudouin Ier (1951-1993)
    6.8.6 - Albert II (1993 >)

     

     

     

     

     

    | périodes |

     

    6.1. Ère féodale (11ème - 12ème)

    Drapeau Lotharingien aux bandes horizontales conformes aux règles héraldiques

     

     

    La féodalité trouve ses fondements dans le système Carolingien qui le précède. Au coeur du Moyen-Âge, la vassalité perdure mais devient pratiquement contractuelle. A l'engagement public succède la signature d'un acte certifié par des témoins. Le fief donné en gage devient un bien héréditaire aliénable transmis en primogéniture masculine sous réserve d'un droit de relief correspondant à une année de revenu et d'un nouvel hommage.

     

     

    1051

    Le Comte de Hainaut Herman Régnier décède. Sa veuve, Richilde épouse Baudouin Ier de Flandres et fondent ensemble une nouvelle dynastie. Dès la première dynastie comtale, le «pagus hainoencis» ou «comté de Hainaut» et «Mons», son centre administratif, s'affirment dans les textes. Les comtes de Hainaut sont depuis l'an 870 des fonctionnaires impériaux nommés par les descendants de Charlemagne. Les comtes tireront d'ailleurs profit des dissensions entre ces derniers pour élargir malicieusement leurs pouvoirs.  

     

    1061

    Les tournaisiens s'approprient la chasse de Saint Eleuthère à Blandin.

     

     

    1065

    Une cruelle famine qui dura sept ans, affligea le pays de Hainaut. "La mortalité était si forte qu'on ne trouvait, pour ainsi dire plus de monde pour enterrer les morts".

     

     

     

    1070

    Arnould est comte de Hainaut, avant Baudouin II dit "de Jérusalem*" en 1071.

     

    *pour sa vaillance à la 1ère croisade

    1091 (?)

    Le supérieur de l’abbaye d’Eename et plusieurs autres prélats, réunis dans la chapelle du manoir de La Hamaide à la requête de Messire Gérard, sgr du lieu, reçoivent le serment des jeunes nobles chevaliers de la région qui se disposent à prendre part à la 1ère croisade de terre sainte. Nous y voyons les châtelains d’Ath, de Flobecq, de Rebaix, de Renaix, de Bracle…

     

    d'après l'abbé Meunier.
    POURCELET
    Histoire de Flobecq,
    Notons que l'appel du Pape n'aura lieu que 4 ans plus tard...

    1092

    Le bacille responsable de la peste, ou devrions-nous dire "les pestes", tant la maladie pouvait se décliner sous diverses formes, fut identifié par l'Institut Pasteur*, lors d'une étude épidémiologique menée à Hong-Kong en 1894 par la comparaison qui fut faite avec des bactéries prélevées sur un charnier enfui à Marseille en 1722. Le dénominateur commun étant la première contamination récidiviste européenne de 1347, venue avec certitude d'Asie.

    Ceci implique que les textes antérieurs au XIV°s qui usent du mot "peste" sont à prendre au premier degré de la locution latine auquel il se rapporte. "Pestis", désigne en effet une épidémie inconnue, un mal qui répand la terreur, bref, un fléau... et non la maladie au sens médical du terme.

     

     

    *Par le bactériologiste franco-suisse Alexandre Yersin.

     

    Situation que connaît Tournai depuis trois ans, quand à la fin de l'été 1092, l'évêque Radbod II, ordonna jeûne et pénitence à ses fidèles et organisa une Grande Procession intra-muros, quémandant l'aide de la Sainte Vierge et de Saint Eleuthère.

    Des historiens actuels avancent que la population aurait pu être frappée d'ergotisme
    *, maladie dont les effets dans sa forme gangréneuse étaient assez répugnants. Il s'agit en fait, d'une intoxication grave, provoquée par un champignon contaminant l'ergot de seigle et conséquemment, le pain...   Le ralentissement de sa propagation chez les dévots, après la procession, pourrait s'expliquer par le stricte respect d'un jeûne prolongé. Consacré en miracle, l'église ordonna que la Grande Procession devint annuelle, en gratitude pour l'éradication du mal.

     

    Album du IXème Centenaire de La Grande Procession.
    (Fabrique d'Eglise 1992)



    *Site officiel de la Grande Procession.

    1092

    La même année, l'Evêque accorda l'autorisation à Odon, membre du Chapitre, de fonder un oratoire en dehors de la ville, sur les lieux où Saint-Martin de Tours vint prêcher la bonne parole au IV°s. L'abbaye de Saint Martin fut fondée l'année suivante. A son apogée, elle s'étendra sur l'emplacement de l'actuel hôtel de ville, du parc adjacent et de l'enclos qui en a gardé le nom.

       

    1095

    Le 27 novembre, de concile à Clermont-Ferrand, le pape Urbain II s'insurge contre l’invasion en Terre Sainte des Turcs Seldjoukides et appelle à la croisade, accordant par avance l’indulgence plénière à ceux qui entreprendront le voyage à Jérusalem pour libérer le Saint-Sépulcre.

     

     

    1096

    « On a prétendu qu’avant de partir à la première croisade, Anselme de Ribemont, de Bouchain, seigneur d’Ostrevant et troisième châtelain héréditaire de Valenciennes invita les gentilshommes du pays à un tournoi à Anchin sur les bords de la Scarpe, et que là ils prirent tous la croix. On allègue même une charte où sont cités nominalement, au nombre d’environ deux cent trente, ces illustres hôtes dont le comte de Hainaut Baudouin II, dit-on, se déclara le chef…».

     

    BIBLIOTHEQUE NATIONALE
    Histoire du Hainaut
    pp.184-185

     

    Il est avancé également que pour entrer en lice les chevaliers devaient prouver huit quartiers de noblesse du côté de leur père et autant du côté de leur mère. Jean Le Carpentier dans son "Histoire de Cambray et du Cambrésis" (1664) fait allusion à cette charte et rapporte à la page 183, qu'elle fait mention d'un Chevalier nommé Siger de Bellodenguiens, « qui peut estre Baudrenguien ». Mais, aucun chroniqueur ou historien antérieur à Carpentier ne parle ni du fait du tournoi, ni de la charte qu'il fut le premier à publier, avec en marge la note "ex abbatia aquicinctensi" indiquant que ce serait aux archives de l'abbaye d'Anchin qu'il l'aurait empruntée. [...]Par conséquent, l'authenticité du fait historique et du titre qui le mentionne ne repose que sur la seule autorité et l'unique garantie de Jean-Baptise Carpentier (son vrai nom ?). Mais nous le demandons, si cette solennité a eu lieu, en effet, s'il a existé un acte authentique aussi important, étendu, circonstancié et appuyé de l'autorité de près de 300 noms les plus considérables du pays, est-il vraisemblable que dans aucun écrit ancien ou monument quelconque, il ne se rencontre rien qui témoigne du fait et puisse cautionner la charte en question ?*

     

    *E.A. ESCALLIER
    L'ABBAYE D'ANCHIN 1079-1792
    Chapitre III, page 37

    1096

    Quoi qu'il en soit, la moisson d'été terminée, les croisés belges liés par des serments de vassalités s'équipèrent en fonds propres et se mirent en route. les uns pour Rouen retrouver le comte de Flandre Robert II, lui-même vassal du roi de France. Les autres, rejoignant Metz à la suite de Baudouin II, comte de Hainaut rallié à Godefroid de Bouillon, duc de Basse Lotharingie et marquis d’Anvers.
    Les premiers chemineront par Lyon et descendront l'Italie avant une traversée en bateau vers Constantinople où les seconds seront arrivés par l'Allemagne, la Hongrie et la Bulgarie.
    La bravoure de Godefroid de Bouillon, reconnue unanimement et sa connaissance des langues romane et germanique le désigneront à la tête des nobles et des seigneurs chrétiens.

     

     

    1098

    Le comte de Hainaut, n'arrivera pas à Jérusalem. il mourut en Anatolie pendant le périple. son fils homonyme, Baudouin, troisième du nom, succéda au titre, jusqu'en 1120 (ép. Yolande de Gueldre)

     

     

    1099

    Le 15 juillet, après un mois et demi de siège sous un soleil de plomb, les croisés prirent Jérusalem et massacrèrent la population tant musulmane que juive. Ils instaurèrent le Royaume latin de Jérusalem et proposèrent à leur chef d'en devenir le souverain. Ce dernier déclinera l'offre, refusant de porter une couronne d’or là où le Christ n’avait porté qu‘une couronne d’épines...

     

     

     

    L'absence prolongée des seigneurs de guerre, provoqua l'émergence d'une nouvelle caste sociale: la Bourgeoisie, constituée des marchands et des paysans demeurés sur place pour assurer l'activité économique. Elle eût parfois aussi des effets pervers dans les familles et des bouches supplémentaires à nourrir...
     

     

     

    1105

    Au début du XII° siècle, le commerce est florissant à Tournai, le passage de l'Escaut n'y est évidemment pas étranger. On y construit la seconde enceinte des remparts et le style gothique s'impose peu à peu dans les rues. L’abbaye de Saint Martin, qui comptait une vingtaine de disciples à sa fondation, douze ans plus tôt, abrite à présent quatre-vingts moines soumis à la règle stricte de Saint Benoît, patron des Bénédictins.

     

     

    1109

    Un tremblement de terre  fait de nombreuses victimes à Tournai.

     

     

    1119

    L’Ordre religieux et militaire du Temple est créé à Jérusalem pour sécuriser la route des pèlerins. Il est composé de moines soldats laïques.

     

     

    1120

    Baudouin IV (1108 † 1171), surnommé le Bâtisseur devient comte de Hainaut. Une dizaine d'années plus tard, il épousera Alix de Namur (1115 † 1169), dernière fille de Godefroy, comte de Namur et d'Ermensende de Luxembourg. les premières armoiries apparaissent progressivement sur les champs de batailles et les lices de tournois afin de rendre reconnaissables les belligérants en armures.

     

     

    1141

    Rive gauche de l'Escaut; on commence à monter les murs de la cathédrale de Tournai sur les vestiges d'une église primitive du VI°siècle.

     

     

    1146

    Le pape Eugène III décrète la séparation du diocèse de Noyon-Tournai, il nomme l'abbé Anselme comme évêque de Tournai avec juridiction sur la Flandre et le Hainaut.

     

     

    1147

    Deuxième croisade destinée à reprendre les territoires récupérés par les Turcs, elle se terminera deux ans plus tard sur un échec cuisant.

     

     

    1153

    Première mention officielle de la maladrerie du Val d'Orcq, à Tournai. Léproserie communale, gérée par l'évêché. Elle était située en dehors de la ville, non loin de la porte de Lille.

     

     

    1159

    "Mr.Cousin, historien de Tournay, paroit avoir exagéré la stérilité et le nombre des terres à Lamain en jachères en 1159 données par Béatrix de Rumes au Chapitre de Tournay.(...) Le burau de bienfaisance du canton de Tournay y possède 3 bonniers de terre à labeur, occupés par Hyppolite de Baudrenghien, dont 2 bonniers tenant du levant à Paul Carnouy, Louis Dubus".

     

    Essai Chronologique pour servir à l'histoire de Tournai, tome LVIII, p.92 (1812)

    1167

    Début de l'édification extra-muros de l'église Saint Jacques à Tournai. Son vaste avant-corps hébergeait la nuit, hors de la ville, les pèlerins venus de Flandre, pour rallier l'itinéraire "Turonensis" à Paris, vers Compostelle. L'expansion de la ville au cours du siècle suivant, incorpora l'église dans l'enceinte citadine. La nef fut achevée vers 1215. La tour surmontant le porche a conservé sa charpente d'origine et date de la même époque. Le choeur que nous connaissons aujourd'hui fut construit en 1368.

     

     

    1168

    Le comte de Flandre Thierry d'Alsace meurt à Gand. Son gendre, fils de son ennemi le comte de Hainaut Baudouin IV, hérite le titre et la fonction.

     

     

    1171

    A la mort de Baudouin IV (surnommé le "Bâtisseur"), son fils cumule en son chef les titres de comte de Flandre sous le nom de Baudouin VIII et de comte de Hainaut sous celui de Baudouin V.

     

     

    1171

    9 mai La cathédrale romane de Tournai est désormais sacralisée par l'évêque Gauthier Ier et dédiée à Notre-dame.

     

     

     

     

    Le Beffroi de Tournai.

     

     

    En 1187, l'évêque Evrard confie la destinée de Tournai à Philippe Auguste, qui érige la ville en commune royale et en rétrocède une partie à la guilde des bourgeois, revendicatrice de prérogatives et d'un statut particulier. Cette cession marque une évolution symptomatique au plan politique. Le pouvoir n'est plus à l'évêque mais au roi de France, qui accorde à la ville le statut unique pour nos régions à cette époque, de cité urbaine autonome. L'activité économique prend un nouvel essor et les premières banques apparaissent autour de l'activité des "Cambgeurs".

     

     

    L'année suivante, Philippe Auguste signe l'acte fondateur du beffroi qui aura pour vocation de sécuriser la ville contre les intrusions éventuelles ou les incendies, tant redoutés à cette époque. Il était en effet fréquent qu'une maison faite de bois et de torchis boute le feu à tout un quartier, et il arriva même que le sinistre se propagea sur l'autre rive de l'Escaut par les étals des camelots parqués sur les ponts. La sécurité était, à la fin du XIII°s si complète à Tournai que, au dire de Li Muisis, "les gens à pied et à cheval pouvaient en sortir en tout temps, la nuit comme le jour, les portes n'avaient pas même de serrures et elles étaient ouvertes à tout venant 1.

     

    Jos. HOYOIS :
    Tournai au XIII°siècle
    page 7

    Les jours de fête, on lançait des friandises aux enfants du haut de la tour et comme à Ypres, on y sacrifiait de temps à autres quelques chats dans le vide, histoire de contrarier le mauvais sort et la réincarnation des sorcières.

     

     

    Philippe Auguste accorda ensuite aux Tournaisiens le privilège "d'avoir une cloche civile dans la cité, en un lieu convenable pour convoquer les bourgeois quand les affaires de la ville le requerront". 2

     

    2 A.G. CHOTIN :
    Histoire de Tournai
    & du Tornesis.
    (1840)

    Elle rythmera les journées de travail, préviendra de l'ouverture et de la fermeture du marché, et le soir venu, elle avertira du déversement des ordures ménagères dans la rue et du lâcher de cochons, chargés de s'en sustenter.

     

     

    La Charte donnée par le roi de France aux tournaisiens, en 1180, ne leur parviendra matériellement que 31 ans plus tard, en l'an 1211 3. Des 36 articles qu'elle contient, 26 sont consacrés à rendre la justice et constituent un véritable code civil et pénal. A cette époque, le tribunal de Tournai était constitué de deux magistrats, appelés prévôts, et de jurés qui siégeaient ensemble quotidiennement en matinée. Un prévenu appréhendé était auditionné avec les témoins éventuels et jugé dans les 24 heures. La sentence souvent rendue à l'emporte-pièce pouvait aller de la simple amende, à la dégradation physique, et était affichée publiquement.

     

    3  M.HOVERLANT DE BEAUWELAERE.
    "Essai Chronologique pour servir à l'Histoire de Tournay" -
    tome C
    (1832) - p312.

    Au Moyen Age, la privation de liberté n'était pas conçue comme un châtiment en tant que tel. La mise en détention d'un malfaisant dans une des cellules du beffroi, n'était que temporaire et se faisait aux frais du détenu. A cet égard, les noms des cachots aménagés aux différents étages de la tour étaient assez évocateurs quant à leur confort: Il y avait de haut en bas; les Quatre-Vents, le Solequin, la Bourcette, la Cambrette et... La Fosse !

     

     

    Les manants qui s'étaient rendus coupables de banqueroute, de faux, de bigamie, d'escroquerie, de proxénétisme, de friponneries au jeu, de grivèlerie aux champs, etc.. étaient condamnés au pilori. Celui-ci se trouvait au pied du beffroi 4. Le malfaisant y était attaché et exposé à la vindicte populaire, on lui lançait à la figure insultes et ordures, autant de jours de marchés consécutifs que lui valait sa faute.

     

    4 BOZIERE :
    Tournai ancien et moderne (1864)

    Le bannissement temporaire frappait les fauteurs de désordres, adultères, incitation à la débauche, prostitution, abandon d'enfants, blasphème, révoltes sociales. Certains, bannis d'autres villes étaient à nouveau refoulés. Le bannissement perpétuel était prononcé à l'égard des ravisseurs de femmes.

     

     

    Les tournaisiens diront que la torture et la mutilation avaient moins cours dans leur ville, qu'ailleurs, mais pour moult raisons on pouvait néanmoins y perdre une oreille, un orteil ou une main. De plus, les peines pouvaient être cumulées... amputation et exil, etc.

     

     

    Il suffit de compter le nombre de clochers à Tournai pour comprendre l'importance qui était accordée à la religion. Un blasphémateur avait intérêt à tourner sept fois la langue dans sa bouche pour ne pas la perdre, ou encore avoir les lèvres fendues au fer rouge 5.

     

    5 Léo VERRIEST
    "Comment on punissait les blasphémateurs au Moyen Age" (1905)

    Hormis les meurtres crapuleux, les délits majeurs furent inégalement jugés suivant le climat politique et religieux du moment.  Les faubourgs de Tournai comptaient quatre gibets "ordinaires" et permanents. Il y en avait un passé la porte de Marvis, un second et un troisième aux faubourgs de Saint-Martin et de Maire et un dernier à Havinnes. Les exécutions plus exceptionnelles ou de propagandes étaient rendues sur la Grand-place, sous le tintement continu de la cloche du beffroi et immédiatement suivies de l'enterrement sur place du ou des suppliciés 6.

     

    6 DE NEDONCHEL Georges Alexandre:
    Les anciennes lois criminelles en usage dans la ville de Tournai.
    Mémoires Soc. Hist. Litt de Tournai - t.IX (1867)

     

    1188

    Conrad de Montferrat, chargé de la défense de Tyr, informe le Pape du "Djihad" (Guerre Sainte) mené par le sultan Saladin d'Egypte et de la situation critique que vivent les Etats latins d'Orient instaurés en 1099 par les Croisés. La prise de Jérusalem provoque une Troisième Croisade. A leur départ, Philippe Auguste, Henry II d’Angleterre et le comte de Flandre, convinrent de distinguer leurs hommes par couleurs. La croix de gueules (rouge) fut attribuée aux français, l’argent (blanc) aux anglais et le sinople (vert) aux flamands afin de les distinguer sur les champs de bataille et un impôt, "La Saladine" dont seraient exonérés les hommes d'église fût imaginé et lamentablement exploité.
    La défaite alliée, en 1192, restera célèbre en Occident par la capture du roi d'Angleterre, Richard Cœur de Lion (fils de Henry II, mort en 1189). Et en Orient pour l'éclatante victoire de Saladin, qui assurera la suprématie musulmane à Jérusalem jusqu'à l'exode du Peuple Juif après la Seconde Guerre mondiale.

     

     

    1194

    Baudouin VI de Mons est comte de Hainaut et de Flandre sous le nom de Baudouin IX jusqu'à sa mort en 1205. Epoux de Marie de Champagne qui ne lui donnera qu'une fille, Jeanne.

     

     

    1194

    Charte-loi de Chièvres en Hainaut. Premier acte administratif connu rédigé en français et non en latin.

     

     

    1196

    Année calamiteuse, s'il en fut jamais, ouragans continuels, pluies torrentielles, inondations désastreuses et pour comble de malheur, les grains sur pied gelés se vendirent 60 sous la mesure, ramenant la famine. Le comte Baudouin eut recours à la sage mesure des greniers d'abondance approvisionnant les pauvres à un prix raisonnable, ce qui le fit aimer et respecter de ses sujets.

     

     Th. LESNEUCQ : Histoire de la ville de Lessines  - 2ème éd., p.226.

    1197

    les conflits qui opposent le roi de France à son vassal, le comte de Flandre, inclinent ce dernier à s'allier aux Anglais. C'est dans ce contexte que Baudouin VI assiège infructueusement la ville de Tournai contre rançonnement.

     

     

    1202

    Le comte de Hainaut, Baudouin VI, participe à la Quatrième Croisade. Sa bravoure à la prise de Constantinople lui en offrit le trône et fut couronné empereur  le 9 mai 1204 sous le nom de Baudouin Ier de Constantinople. A Mons, chef-lieu du Hainaut, on peut voir une statue équestre en bronze dans l'avenue qui porte son nom (face à l'hôpital Saint Joseph)

     

     

    1205

    A la mort de son père, Jeanne de Constantinople, fille de Baudouin devint comtesse de Flandre et de Hainaut jusqu'à sa mort, en 1244. Elle avait épousé en premières noces Ferrand de Portugal avant Thomas de Savoie.
    Henri de Hainaut prend la place de son frère sur le trône de Constantinople.

     

     

    1207

    Geoffroy de Ville-hardouin, Maréchal de Champagne, rédigea en termes élogieux pour les Croisés, une chronique en franchois (et non en latin) sur la conquête de Constantinople par les empereurs Baudouin et Henri de Hainaut et les événements qui les y conduisirent entre 1198 et 1207.

     

    Joffroi de VILLEHARDOUIN
    & Henri de VALENCIENNES
    "De la Conqueste de Constantinoble" (sic)
    Ed. Jules Renouard
    Paris 1838

    1214

    27 juillet, victoire française à Bouvines contre la coalition alliée à Jean Sans Terre. Philippe Auguste reprend la ville de Tournai, conquise le 1er octobre 1213 par Ferdinand de Portugal, époux de Jeanne, comtesse de Flandre et de Hainaut.

     

     

    1218

    Le seigneur d'Audenarde approuve la vente des parts de dîmes à Flobecq, faite par Theodoricus de Baudrengien et sa femme Aliidis (Alix) à l'abbaye de Saint-Martin (Tournai). Devant Arnould de Audenarde, ils vendent pour 28 £ de Flandre à l'abbaye, leur part de dîme de la paroisse de Flobecq. Témoins : Baudouin d'Ogy, Arnould Majore, Simone de Molenbaix : « Ego Arnulphus, dominus de Aldenarda, notum volo fieri omnibus litterarum istarum inspectoribus, quod Theodoricus de Baudrengien et Aliidis, uxor sua, in recompensatione date sibi pecunie XXVIII librarum Flandrensis monete, dederunt in elemosinam ecclesie Beati Martini de Tornaco totam decimam quam in parrochia de Florebech ipse Theodoricus, ex parle uxoris sue, de me tenebat in feodo, et coram paribus suis : Balduino de Ogi, Arnulpho Majore, Symone de Molendino»

     

    A.d'HERBOMEZ   : Chartes de l'abbaye de Saint-Martin, tome I, (1898), p.260 & 261

    1221

    A Tournai : «...Tandem facti sui penitens, et injuriam suam recognoscens, in presentia mea constitutus, coram hominibus meis, paribus suis, Jacobo scilicet de Tuns, Bernardo de Pesc, Theodorico fratre suo, militibus Gerardo d' Erembaudenghien, Evrardo de Vinea, Johanne de Velvang...»

     

    A.G.R. - Bruxelles: Cartulaire 121, p.164, copie    du    XIIIème s

    1231

    A. de la Grange nous dit dans ses testaments tournaisiens qu'en l'an 1231, Gerars de Erenbaldeghen est cité à Tournai.

     

    t.2 des Annales de la Soc. Hist. et Litt. de Tournai (1897) p.254

    1231

    Les échevins de Saint Brice à Tournai déclarent que Maroie de Tuns a vendu à l'abbaye de St. Martin tout ce qu'elle possédait à Rumillies : «..Plége en sunt Watiers de Holain, lui chevalier, et Gérars de Erenbaldeghen, de cette quittance, faire de tout..»

     

    A.d'HERBOMEZ : Chartes de l'abbaye de Saint-Martin Tournai, tome I, (1898), p.376

    1232

    « Jeanne de Baudrenghien persuada son mary Jean Le Maire, bailly du grand Chapitre de Cambray de bastir une Chapelle pour le service des soeurs de l'hospital Saint Jean, auquel Arnould, Jean et Simon de Baudrenghien firent aussi du bien »

     

    LE CARPENTIER
    «De l'Estat de la Noblesse»
    Cambresis - III, p. 182

    1237

    Ouverture d'une léproserie à Tournai.

     

     

    1237

    L'Artois est détaché de la Flandre.

     

     

     

    Au XIII°s le drapeau de Lotharingie est modifié.

     

     

    1238

    Arnould de Mortagne, châtelain de Tournai prit de nouvelles armes et adopta la croix de gueules sur champ d’or.

     

     

    Fondation de l'hôpital Notre-dame de Lessines

     

     

    1242

    Au décès de Louis VIII en 1226, Blanche de Castille 1 assura la régence de la France pour leur fils 2. Quand Louis IX monta sur le trône dix ans plus tard, les seigneurs flamands se lièrent à lui par un traité d'allégeance, mais quelques barons belliqueux refusèrent de jurer fidélité au souverain, et se rallièrent au roi d'Angleterre, Henri III, désireux de récupérer les possessions françaises de son père, Jean sans Terre. Les soldats de Saint-Louis contraignirent définitivement à la retraite les Anglais, le 21 juillet 1242, à la bataille de Taillebourg.3 Dans cette victoire, Arnould IV d'Audenarde, Sire de Pamele et grand bailli de Flandre, fut mortellement blessé. Soucieux de sa rédemption, le seigneur de Lessines légua par testament une partie de sa fortune aux pauvres de sa ville, et chargea son épouse, Alix de Rosoit, dame d'honneur de la reine-mère1 d'en faire le meilleur usage. Alix acquit bientôt quatre masures en bord de Dendre, y établit une communauté religieuse et posa les fondements d'un hôpital de charité.4

     

    1 Blanche de Castille, reine-mère de France

    2 Louis IX, mieux connu sous le nom de Saint-Louis, roi de France de 1226 à 1270.

    3 Non loin de Poitiers

    1243

    A sa création, l'institution ne bénéficiait d'aucun statut officiel, pas plus civil que religieux et l'héritage épuisé,  les problèmes de trésorerie jaillirent comme une évidence. Alix se tourna alors vers son fils, Jean d'Audenarde, qui sauva l'hôtel-dieu 4 de la banqueroute, en lui allouant une rente couvrant une partie de ses frais de fonctionnement. Les chanoinesses entrant dans l'Ordre de St Augustin étaient issues de la petite noblesse, et souvent, filles de chevaliers, mais les filles des riches bourgeois était également les bienvenues, tant qu'elles honoraient le vœux de pauvreté, les obligeant à céder en dot à la communauté une partie des biens familiaux.

     

    4 Hôpital pour les pauvres

    1244

    Marguerite de Constantinople, comtesse de Flandre, devient comtesse de Hainaut jusqu'à son décès en 1280.

     

     

    1247

    Guy de Laon, évêque de Cambrai (1238-1248) énonce les premiers statuts à l'hôtel-Dieu de Lessines : "La Noble Dame Alix veuve d'Arnould, seigneur d'Audenarde, a construit et institué dans la ville de Lessines, pour le salut de son âme et de ses ancêtres, un hôpital pour y recevoir les pauvres, débiles et malades et y exercer toute autre oeuvre de charité". Trois années plus tard, le pape accorde 40 jours d'indulgence aux bienfaiteurs de l'institution. Progressivement, une nouvelle aile (sud) et une vaste chapelle seront construits, suivis d'une ferme. Quatre cent cinquante hectares de terres en fermages, apporteront une nouvelle source de revenus et permettront à l'hôpital, de vivre en complète autarcie.

     

     

    1248

    Jean de Baudrenghien est cité à Saint-Omer*.

     

    *[Pas-de-Calais - 62].

    1250

    Le lundi 28 mars à Helchin : « ...In quibus ipse tenebatur Gerardo de Erenbaudenghem annuatim, et pro quibus idem G(erardus) factus est homo noster feodalis... »

     

     

    1251

    Le 6 juin, tournoi chevaleresque de Trazegnies.

     

     

    1252

    15 mai. La bulle "Ad extirpenda" éditée par le pape Innocent IV, rend légitime l'usage de la torture envers les hérétiques. Elle est désignée sous le nom de  "quaestio" (question).

     

     

    1256

    En décembre, l'Evêque de Tournai approuve la vente de la dîme d'Aeltre, faite par la dame de la Woestine à l'abbaye de St. Martin, Waltero de Badelinghem, signe en qualité de témoin.

     

    A.d'HERBOMEZ : Chartes de l'abbaye de Saint-Martin, (1898) t.2 pp.127 à 129 & 132, 133

    1257

    Ernous, sire de Mortagne et châtelain de Tournai, approuve l'hommage fait par son frère Roger de Mortagne, seigneur d'Espierre, à l'évêque de Tournai, pour une rente assise sur le péage d'Espierre. Ghérart de Erenbaldenghem signe l'acte comme témoin en qualité d'homme de fief de l'évêque.

     

    Bibliothèque Universitaire de Gand, ms G.16191, f°1050

    1259

    Certains seigneurs de La Hamaide furent inhumés à l’abbaye de Cambron (entre Mons et Ath). On retrouve dans le Cartulaire du monastère, la donation de Thierry, seigneur de La Hamaide, d’une partie du bois située sur le territoire d’Oeudeghien, à condition d’avoir en ses murs le lieu de sa sépulture. Ce lieu de piété eut, en effet, au cours des XIII° et XIV° siècles un tel renom de sainteté que bien des princes et des gentilshommes sollicitèrent la faveur de pouvoir y faire déposer leurs dépouilles mortelles.

     

     

    1265

    Croisade de Pouilles avec le châtelain et l'avoué de Tournai. Un "avoué" est un avocat attaché aux intérêts d'une institution religieuse

     

     

    1270

    Otton V du Roeulx, pair de Silly, époux de Marguerite de Ghistelle, reprend le nom et les armes de sa mère, Agnès de Trazegnies et fonde la seconde maison de ce nom.

     

    @ Cercle Heraldus - (Mons)

    1275

    Année terrible où cheurent du ciel de Tournay des gresles et pierres contenant en tous 6 poulces, qui tuèrent hommes et bêtes

     

     

    1275

    Rédaction du Veil rentier d'Audenarde. Livre foncier des biens et revenus de sire Jehan de Pamele. Véritable cadastre où figurent en détail les noms des villages, des hameaux, des lieux-dits, des chemins, des sentiers, des ruisseaux, des marécages, des étangs, des moulins, des châteaux, etc. On y trouve également le nom des personnes avec leur profession et leurs biens. Ce recueil de 374 pages concerne 12 localités : Ellezelles, Wodecq, Flobecq, Ogy, Ghoy, Lessines, Isières, Bois-de-Lessines, Papignies, Lanquesaint, Tongres et Bauffe.

    On y apprend qu'à «Florbiert» (Flobecq) : « Messires Gilles de Baudrenghien, li Capelains, doit 8 rasières d'avaine, de 3 boniers et demi de bruière, en Augomont » comme rente à l'abbaye.

     

     

    Veil Rentier : 41r°

     

    1277

    Messire Simon de Baudrenghien (v.1232), chevalier, épouse dame Agnès de Pronville comme attesté par lettre datée.
    (Par 1976, 144-160)

     

    J-B de GREZ au Ministère des Affaires Etrangères, Fonds héraldique ref : 3 m 46

    1280

    Le 10 février, décès de la comtesse de Hainaut et de Flandre, Marguerite de Constantinople. Jean Ier d'Avesnes, fils de son premier mari (Bouchard d'Avesnes) devient comte de Hainaut et comte des Etats de son épouse Alix de Hollande-Zélande, dame de Frise.

     

     

    1280

    Gillion d'Ierbaudenghem est avoué à Moen. Pour rappel, un "avoué" est un avocat attaché aux intérêts d'une institution religieuse

     

    Ch. MUSSELY : Cartulaire ND. de Courtrai, p.169

    1281

    L'abbé Li Muisi, de Saint-Martin à Tournai fait référence au "Lundi des Parjurés", qui suit l'Epiphanie, et en parle déjà à cette époque comme d'une ancienne coutume. Elle trouve ses origines dans les assises publiques de "franches vérités" ou "plaids généraux" qui devaient élucider les méfaits demeurés non élucidés, fermant les yeux par tradition ce jour là, sur la rédemption des manants qui par peur, mensonge ou omission avaient soustraits des coupables à la justice seigneuriale. Pour ce faire, la foule était rassemblée en place publique ou autour de la tombe de la victime lorsqu'il s'agissait d'un meurtre.

     

     

    1281

    En cette année s'éleva entre les comtes de Flandre et de Hainaut l'interminable débat au sujet des terres de Lessines et Flobecq.

     

    Th. Lesneucq-Jouret : Histoire de la ville de Lessines 2° éd., p.227

    Tournai au XIIIème siècle 1

     

     

     

    "Au XIII°s, Tournai était habité par une population dense et présentait un aspect tout autre. Jusque vers l'an 1300, son territoire actuel était occupé par quatre véritables villes, bien distinctes délimitées par l'Escaut. Sur la rive gauche, s'étendait la Cité, protégée par des murs datant des Romains et entourée de faubourgs populeux. De l'autre côté de l'eau se trouvait le Bourg, et la Terre de Saint-Jean des Caufours à droite. Le Bourg était enfermé dans une enceinte et se terminait par une agglomération de maisons du côté des portes Morel et Marvis.
    Le Bruille (Paroisse St-Nicolas) était domaine des châtelains de Tournai. La forteresse féodale de ceux-ci s'élevait "en l'isle de l'Escaut nommée St-Pancrace" au confluent de la rivière de Jennenes ou Jennes.
    Le Bourg et le Bruille étaient séparés par un terrain vague, le "Biekeriel", où se voyait le "Pierre fameleuse" (de famelicus, affamé). Le Biekeriel se composait d'un certain nombre d'habitations misérables. Il servait habituellement de refuge à des gens sans aveu, qui, bénéficiant de ce qu'il relevait des Seigneurs de Bruille, y pouvaient braver impunément l'autorité du magistrat de Tournai. Quant à la Terre de Saint-Jean des Caufours, elle dépendait des seigneurs de Leuze, de la maison d'Avesnes.
    Le désir d'unifier la juridiction et de se débarrasser des indésirables, qui molestaient volontiers les habitants de la Cité, engagèrent le magistrat à acquérir ces terres.
    Allain, Warchin, le bois de Breuze, les Chauffours et toute la seigneurie, avec la justice haute, moyenne et basse, furent achetésen 1289, au prix de 4500 £ tournois. Le droit de cens et de dîme qu'avait l'abbaye de St-Amand sur cette seigneurie, lui furent conservés. D'autre part, Hue de Châtillon, tout en le vendant, se réserva le droit de gîte.
    En 1295, le Bruille devenait définitivement propriété de la ville, on le paya 8600 £ à la châtelaine, Marie de Mortagne
    1.

     

     1 Jos. HOYOIS :
    Tournai au XIII°siècle
    pages 1 à 7.

    1281

    Par décision communale un pont voulu d'architecture militaire enjambant l'Escaut constituera la 19ème portes de l'enceinte protectrice de Tournai. Deux tours percées de meurtrières, une courtine percée de baies et d'archères et des arches chargées de lourdes grilles défendront l'accès à la ville par le fleuve.

     

     

    Son édification débuta en 1281 par la tour "Bourdiel", du côté du centre urbain. La tour de la "Thieulerie", sur la rive droite du fleuve sera élevée vers 1303, mais 25 ans furent encore nécessaires pour les relier par les arches.

    < La tour "Bourdiel" sur la Rive gauche

     

    On peut s'étonner de voir sur d'anciennes photos des vues de tours carrées et d'autres arrondies. En fait, il s'agit bien des mêmes tours. Une face panoramique offre 180° sur les abords extérieurs du fleuve, l'autre côté, tourné vers la ville, étant droit.

     

    1286

    Pierre de Erbaudenghien vend à l'Evêque de Tournai un moulin situé à Helchin.

     

    Bulletin Soc. Hist. & littéraire de Tournai, t.16 (1874), page 110.

    1291

    Le dernier bastion Croisé tombe à Saint-Jean d'Acre.

     

     

    1294

    Entre 1277 et 1302, une poussée démographique provoque l’accroissement du territoire urbain de Tournai et l’extension du périmètre des fortifications de part et d’autre de la rive droite et de la rive gauche de l’Escaut. En 1294, la tour de guet que constitue le beffroi ne permet plus de couvrir son étendue. Entre-temps l'édification de choeur gothique de la cathédrale est également venu masquer une partie de la visibilité du vigile. Les magistrats de la ville accordent un budget pour rehausser l'édifice et renforcer sa base par quatre tourelles polygonales.

     

     

    1296

    25 février. Conflit d'intérêts entre Philippe le Bel et le pape Boniface VIII, au sujet de la publication d'une bulle, intitulée "Clericis laicos", interdisant au souverain de soumettre le clergé à l'impôt.

     

     

    1302

    Après les "Matines Brugeoises" du 18 mai, où un millier de partisans français furent trucidés dans leur sommeil, les milices communales de Flandre entamèrent une offensive insurrectionnelle, engageant 25.000 hommes pour assiéger Courtrai.

    Philippe le Bel dépêcha sur place une armée deux fois plus nombreuse, avec à sa tête Robert d'Artois. Le 11 juillet, s'engagea sur le champ de bataille de Groeninghe (Courtrai) une lutte sanglante au cours de laquelle on ne fit pas de prisonniers et dans laquelle périt la fleur de la noblesse de France et d’Artois.

    On donna à cette journée le nom "des Eperons d’or", que portaient les princes français. Les éperons ramassés sur le champs de bataille, furent suspendus dans l’église Notre-dame à Courtrai, en signe de gratitude pour la victoire donnée à une milice populaire, face à une armée rompue aux choses de la guerre.

    Les survivants prirent la fuite dans toutes les directions, poursuivis avec un certain acharnement par les Flamands. L'abbé Li Muisis (de Saint-Martin) rapporte dans ses chroniques (1298-1322) qu'au lendemain de la bataille, les soldats Français fuyant en divers lieux hors de Courtrai, jusqu'au village de Dottignies où ils furent tués et dépouillés...

     

     

    1303

    La région de Tournai, restée fidèle au roi de France, connut par la suite de nombreuses incursions des troupes anglo-flamandes. Ils boutèrent la feu à ville de Lessines.
    Le 8 octobre 1303, ils vinrent une nouvelle fois piller et ravager les faubourgs de Tournai. Li Muisis raconte que les Flamands qui étaient restés, cette nuit-là, et parce qu'ils n'avaient plus de provisions et que la faim les prenait, se replièrent vers Courtrai et brûlèrent la ferme de Valemprez à Dottignies.

     

     

    1304

    Jean II, époux de Philippine de Luxembourg, est comte de Hainaut avant Guillaume Ier, qui le restera jusqu'en 1337 (ép.Jeanne de Valois)

     

     

    1304

    On cite à Moen «Demisele Derboudenghem» à Erembodeghem.

     

    K.de FLOU : Toponymie West-Vlaanderen, tome III.

    1304

    A partir du 29 août, Isabelle de Baudrenghien, fille de feu Jehan, reçut avec sa mère, « dame de Maffle », une rente annuelle de 10 £ blancs, à titre viager de Jean, comte de Hainaut, de Hollande, etc.

     

     

    1306

    Jehan de Tongres est seigneur de Gommenpont.

     

     

    1307

    Au matin du vendredi 13 octobre, tous les Templiers de France furent arrêtés et leurs biens confisqués sur ordre du roi Philippe IV le Bel. C'est de ce jour qu'est née la superstition du vendredi noir.

     

     

    1309

    A Pottes, le 3 juin  : « Acent tout cil ki cest escrit veront et oront ke Grars de Potes fius a noble homme mon signeur Gherart de Potes, cheualier, Jehans Dierembaudenghien, Hues dou Mares Thumas des Annes... doiuent comme leur propre dette es cescuns pour le tout as enfans ke katherine de Courcieles a et ara de Jakemon le Fourbisseur...»

     

    Archives de Tournai - Chirographe original sur parchemin

    1310

    Usilie de Baudrenghien, fille de Simon et de Agnès de Pronville,
    épouse Guillaume de Nimaye.

     

     

    1311

    le jeudi 9 septembre, Marie, dame de Mortagne et châtelaine de Tournai, donne en fief à Marie de Dossemer, sa cousine germaine, une rente annuelle de 100 £ parisis, à prendre au péage de Maulde : « ...Lequel don des cents livres de terre, je lui ai donné et donne à tenir de moi en fief et hommage, par devant mes hommes de fief, dont tels sont les noms : Messire Rogier, sire d'Espierre, chevalier ; Mahius de Haudion ; Gille le Clers ; Estievenes de la Place ; Jehans Argens ; Jehan de le Haie ; Gherars Aletake Jehan des Plankes ; Pierre Boussars ; Colars dou Treric ; Jehans Cappestau et Jakemes d'Ierembaudenghien, comme bailli que j'investis pour cette besogne. Lequel bailli convoque les hommes afin qu'ils eussent le don ci-dessus en mémoire et recourt à la force, si besoin en était... »
    Note : La famille de Mortagne portait d'or à croix de gueules.

     

    M.S.H.L.T. tome 25, pages 276 à 279

    1312

    Le 3 avril, sous la pression de Philippe le Bel, le pape ClémentV, marque définitivement la fin de l'Ordre du Temple en émettant sa dissolution "Ad providam".

     

     

    1312

    Jakemes d'Erbaudenghien est cité à Warcoing

     

    Midd. 1963, 287

    1313

    Le Tournaisis passe sous l'autorité de la France.

     

     

    1315

    Inondations dans le Tournaisis.

     

     

    1319

    Jean Wettin, prévôt de Tournai fait édifier l’hôpital Saint-Jacques pour l’accueil des pèlerins et des pauvres. Détruit vers 1670, il abritait une chapelle et une confrérie dédiées au saint.

     

     

    1330

    (approx.) Naissance de Colard de Baudrenghien, écuyer, Sgr. de Gomanpont, épousa N. dame d Ansermont et de Bernes. Il fut à la tête de l'armée du comte de Flandre contre les Gantois révoltés et fut, comme son père, tué en 1380. Il gît à Flobecq, où il fonda la chapelle de Saint-Jean en l'église.

     

     

    1334

    « Jakemes d'Erbaudrenghien (v. 1312) est hom de cinq quartiers et demi de tiere enviers les Fourkes d'Espiere, de la le parroche de Warcoing, que Jehan de Giéronde tiunt,... » (sic) Il doit servir une certaine rente à l'abbaye de Saint Martin de Tournai.

     

    d' HAENENS :
    Comptes de St Martin
    à Tournai
    (1312-1355)

    1337

    Guillaume II est le Comte de Hainaut jusqu'en 1345, il est l'époux de Jeanne de Brabant.

     

     

     

    La Guerre de Cent ans (qui durera 116 ans*) débute l'an 1337. Les Gantois révoltés s’allient, aux Anglais et infligent aux Français la défaite navale de l’Ecluse.
    En 1340, les troupes anglo-flamandes assiègent une nouvelle fois Tournai, mais resteront bredouilles devant cette tête de pont de la monarchie française sur les rives de l'Escaut.

     

      * de 1337 à 1453

    1346

    Marguerite II d'Avesnes, comtesse de Hainaut, de Hollande, de Zélande et Dame de Frise, assignait à Isabelle de Hainaut, sa soeur, les revenus sur, entre autres, Ath, Lessines, Ogy, etc.: «...premiers sour toutes les revenues emblet de Chièvre, d'At, de Floberch et de Lessines deus cens muis de blet cascun an montent a vint et chinc sols tournois le mui..., pour coy elle tenra ens se mains separeement les deux molins de Floberch et d'Ogy, descompté les retenues et un mui de blet que ly dist molins d'Ogy doit cascun an hiretaulement a Ernoul de Baudrenghien et a ses hoirs, pour sissante-trois muis et le sourplus qui montecent trente-siept muis de blet prendrera et rechevera no dite suer par le main de no recheveur u de son liutenant sour toutes les revenues deseures dittes. Item pour toutes les euwes de Lessines, d'Ogy et de Florbierc prisiet cent livres.. Item, les rivières de la terre de Lessines qui prisies sont par an diis livres... » Cette assignation fut confirmée par une lettre de Marguerite et Louis le Romain, datée du 6 août 1351.

     

     

     

    La comtesse abandonne au chevalier Jean de LESTRIVERIE, les terres et biens de Bois-de-Lessines : "Nous avons dounet et dounons audit chevalier... toutes les revenus et droitures entierement que nous aviens et avoir poiens en ladi te pourosse (paroisse) dou Bos de Lessines".

     

    Raymond DUHAUT - Cercle d'Histoire de l'Entité Lessinoise , n°100, Déc.1998

    1347

    Des navires marchands génois venus d'Asie, jettent l'ancre à Marseille début novembre, et déchargent leur cargaison de victuailles contaminées par la peste, véhiculée par les rats dont leurs cales étaient infestées.

     

     

    1349

    Siège de Tournai par les Anglais et leurs alliés Flamands menés par le roi Edouard III..

     

     

     

    En vingt-quatre mois, la Peste noire au départ de Marseille, se répandit en Europe. Les zones urbaines de nos contrées, sales et surpeuplées furent propices à sa propagation et les pauvres, sous-alimentés, en furent les premières victimes.

     

    Illustration de la Peste
    noire tirée de la Bible
    de Toggenburg (1411)

     

    Jean Froissart estime qu'un tiers de la population succomba et Gilles le Muisit écrit dans ses chroniques que :
    « L’épidémie de peste noire de 1349 fit tant de victimes que l’on eut beaucoup de peine à les enterrer dans les cimetières encombrés des fossoyeurs »

     

    Manuscrit des
    Chroniques de
    Gilles le Muisit

     

    A cette époque va se produire un phénomène humain d'importance. L'épidémie de peste va provoquer un choc dans la population, on voit mourir les gens dans de très grandes souffrances et d'une manière injuste puisqu'elle touche indifféremment les jeunes comme les vieux. D'autre part, il y a la Guerre de Cent Ans avec ses pillages, ses viols et ses morts abominables, on tue les gens, on les étripes. Les gens prennent conscience des souffrances qui accompagnent la mort, et son sens va changer. La mort va devenir un objet de peur, un objet d'effroi. C'est l'époque où l'on va commencer à représenter dans les églises, non pas le paradis qui attend tout bon chrétien, mais la mort crue à l'état de cadavre. Il y a une prise de conscience de la valeur de la vie en tant que telle au détriment de la conception ancienne, qui la limitait à un passage vers la vie éternelle.

     

     

    Conférence de Marguerite Gonon (1986)

    1349

    On cite Arnould de Baudringhien. C'est probablement lui qui tenait avec sa femme : « onze bonniers de tiere à Flobiert (Flobecq), au prix de 15 livres blancs et 10 sols » Ils avaient acheté ces terres à vie à l'abbaye de St-Martin (Tournai) en 1322. Il était également propriétaire du moulin d'Ogy (v. 1346)

     

     

    1351

    "Louis de Mâle, comte de Flandre, envoya Messire Guillaume Rheighersvliete au grand bailly d'Alost, mettre en sa main les terres de Flobecq et Lessines..."

     

    Annales du Hainaut, Tome III, p.241

    1351

    le 26 décembre, Ernoul de Baudreghien, est cité dans un record relatif à l'acquisition faite par le chapitre de Sainte-Waudru, de la mairie de Nimy Maisières : « Liquelz, consilliés de ses pers,dist, par loy et par jugement, que oyl, as us et as coustumes de Haynnau, sauf à Ernoul de Baudrighien, le fil, les pourfis doudit fief, toute le vie demiselle Ysabiel, se suer, femme audit Wiart, qui sont en se main, pou goïr après le trespas doudit Wiart, ou cas qu'elle le sourviveroit ». (v.1384)

     

     

    1354

    On cite Arnould de Baudrenghien, comme procureur de la comtesse Marguerite pour les droits qu'elle avait sur Flobecq et Lessines. Marguerite, (o1310 † 1356) seconde du nom, était la fille de Guillaume II comte de Hainaut (1337-1345) et de Jeanne de Brabant. Elle fut la dernière comtesse de Hainaut (1345-1356) de la maison d'Avesnes car par son mariage en 1324 avec l'empereur Louis de Bavière le Comté passa ensuite à cette maison.

     

     

    1355

    Jakemes d'Erbaudenghien est à nouveau cité à Warcoing

     

    Midd. 1963, 287

    1356

    Guillaume III de Bavière, "l'Insensé" ou le "furieux" sera comte de Hainaut jusqu'en 1389, quand, ayant perdu la raison, son frère Albert devra assurer la régence.

     

     

    1357

    et 1358, le Hainaut est à nouveau frappé par la peste.

     

     

    1358

    On cite « Ernouls de Baudreghien li jovenes » (Arnould le jeune).

     

     

    1360

    Helwige de Baudrenghien bienfaitrice des pauvres de Cambrai

     

    Histoire des fêtes (...) du Nord (1834)

    1361

    Le duc Philippe Ier, dernier représentant de la Première Maison Capétienne de Bourgogne décède en son château de Rouvres, près de Dijon, laissant veuve Marguerite de Mâle, la fille du comte de Flandre...

     

     

     

     

     

    6.2. Les ducs de Bourgogne (1363 - 1477)

    Bannière à la Croix de St André de la maison de Bourgogne

     

    6.2.1. - Philippe le Hardi  (1363 - 1404)

     

     

    1363

    Pour sa vaillance à la bataille de Poitiers (1356), Philippe "le Hardi", fils puîné du roi de France Jean II et de Bonne de Luxembourg, obtient son surnom et l'apanage de la Bourgogne(1363). Il fonde la Seconde Maison Capétienne du duché, c'est le premier des Valois de Bourgogne. Sous sa dynastie le Duché connaît son apogée et devient un bastion du christianisme, avec le développement d’importantes abbayes.

     

     

    1367

    Le fief de Ghomanpont à Ostiches est maintenu par les Baudrenghien portant d'or aux hamaides de gueules chargées de besants.

     

     

    1367

    Suite au soulèvement des Artisans Tournaisiens, le roi Charles V suspend leurs privilèges. L'aristocratie urbaine recouvre ses droits après la dissolution de la commune.

     

     

    1369

    En épousant Marguerite de Mâle, héritière de Louis de Mâle, la maison de Bourgogne tente une nouvelle fois* de prendre pied en Flandre et en Artois. Elle entreprendra plus tard (1384) de rallier sous la même bannière tous les Pays-Bas.

     

    *Veuve du dernier duc de Bourgogne de la première Maison Capétienne (V1361).

    1369

    Arnould de Baudrenghien, (fils de Arnould et frère de Gilles, voir 1380 et de Catherine, voir 1400), mort le jour de l'Assomption Notre Dame en aoust.

     

    *Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°133.

    1370

    Les Bourguignons récupèrent notre recette des Carbonnades flamandes : boeuf braisé, épicé, mijoté à la bière, aux pruneaux et au pain d'épices. N'ayant pas de bière, ils l'adaptent au produit local et en font le boeuf bourguignon...

     

     

    1370

    On cite à Tournai, Piérart de Baudrenghien*, qui serait le premier connu à porter la croix de gueules cantonnée de quatre étoiles de sable à cinq rais (?).

     

    *Annuaire de la noblesse de Belgique, Edition 1912, p.281

     

     

     

     

    1371

    La bataille de Baesweiler.

     

     

     

    Le Comté de Luxembourg fut élevé en Duché en 1354 par l'empereur Charles IV et cédé à son frère cadet, le duc de Brabant, Wenceslas. L'hégémonie politique des Luxembourg fut contestée dès le départ par une coalition de princes territoriaux de la Gueldre et le Juliers qui s'estimaient lésés.

     

     

     

    Les Linfards, qui formoient de grandes compagnies de brigands, étoient revenus sur les bords du Rhin, la licence, l'espérance du butin & l'impunité attiroient à leur armée tout ce qu'ils avoient de scélérats, qui portèrent partout la désolation et le carnage(1). -Ces hordes de brigands étaient à la solde du duc Renier de Juliers-. L'empereur sensible à ces maux publia un Edit par lequel, il ordonnoit aux Seigneurs des Provinces du Rhin, des Païs Bas, de la Meuse & de la Moselle, de lever à leurs dépens des troupes qui seroient commandées par Wenceslas 1er Duc de Luxembourg, à qui il donna la qualité de Vicaire de l'Empire & protecteur des deux Lorraines(1) .

     

    (1)  Père Joseph BARRE
    Histoire gén d'Allemagne
    tome VI pages 793 et suivante (1748)

    1371

    A la mi-août Wenceslas, prince courtois, grand mécène, poète à ses heures et accessoirement protecteur de Jean Froissart, se retrouva à la tête d'une armée de 8000 hommes venus du Brabant, du Limbourg, du Luxembourg et du Hainaut.

     

     

    1371

    Outre les pertes financières de cette bataille perdue, les Luxembourg subirent deux cuisants revers; Guy, Comte de Ligny (Namur) et époux de Mahaut de Chastillon, comtesse de Saint-Pol, perdit la vie le 22 août, âgé seulement de 31 ans. Wenceslas, premier duc de Luxembourg fut fait prisonnier pendant un an et rançonné.

     

     * "L'art de vérifier les dates des faits historiques" Oeuvre collective :(dont Saint-Allais) - 1819 tome XIV, page 102

    1371

    Ernould de Baudrenghien est également fait prisonnier à Baesweiler. Il sera dédommagé trois années plus tard pour son préjudice. On cite également le Prévôt de Binche Gérard d'Obies; Jean Brant; Jean de Molembais de Linsemaux; ou Walter Ravlet, échevin et alloyer de Jodoigne, ce dernier aurait été tué au cours de la bataille par son petit-fils Gauthier de Glymes*.

     

    *de RAADT  :  "La Bataille de Basweiler" - Liste des combattants du duc Wenceslas (pour le dernier fait).

    1371

    Un Pierre Derbaudrenghien fut le tuteur des deux derniers enfants du seigneur d'Autryve. C'est peut-être le même Pierre (ou Piérart) qui est cité en 1370, premier à porter les armes à la croix de gueules des (de/der) Baudrenghien de Tournai.

     

    NGT, T. IV, p. 255

    1372

    Le 4 juillet, le duc de Brabant et de Luxembourg rentre à Bruxelles.  Il s'adjugera bientôt une somme de 900.000 moutons, monnaie de Vilvorde pour éteindre les dettes occasionnées par la dernière guerre. Cet impôt causa des disputes dans quelques villes sur la manière de le percevoir.

      * "L'art de vérifier les dates des faits historiques" Oeuvre collective :(dont Saint-Allais) - 1819 tome XIV, page 102

    1372

    Le 10 juillet 1372, l’abbaye de saint Martin de Tournai acquière le manoir des du Chastel de la Howarderie et ses dépendances au prix de 611 florins d'or, aux enfants de Jean Vignart et d’Isabelle du Chastelet. (Terre des francs-alleux qui s’étendait sur Evregnies et Estaimpuis). Un Dierlaudenghien (sic) signe l'acte de vente en qualité de témoin.

     

     

    Patrick GILLARD
    Des histoires d'Evregnies - 1981.

    1373

    Le sceau de Pierre Derbaudenghien est apposé au bas d'une charte conservé aux Archives de la ville d'Ath.

     

    Fonds Ruzette, Famille 2,17 : de Baudrenghien

    1374

    Sous Louis de Namur, Ernous de Baudrenghien(1), portant 3 hamaides chargées de trois, deux respectivement un besants(2) reçut après sa captivité à Baesweiler 636 moutons d'or(3), indemnité à lui due pour pertes et dommages subis au cours de la guerre entreprise contre les brigands (linfards) qui infestaient les bords du Rhin. Les quittances relatives aux dédommagements perçus par les alliés du duc de Brabant sont conservées aux Archives Générales du Royaume(4). Elles furent retrouvés à Bruxelles dans la demeure familiale des Froyère, dont Catherine, qui avait épousé Philippe Vilain, seigneur de Moerbeek.

     

    (1) Arent ou Arnould van Baddelghem

    (2) BLO V

    (3) Environ 3 kg d'or

    (4) F° 46 à 195 v° : Quittances touchans les paiemens faiz à plusieurs seigneurs prisonniers et adommaigiez en la bataille qui fut

    Avers Revers

     

    Baitwilre pays de Juliers, où feu monseigneur Wencelin duc de Luxembourg et de Brabant fut prins.

    Mouton d'or - Monnaie de Flandre sous Louis de Mâle - XIV° siècle
    4,65g.

    1375

    Gérard Barnage est cité parmi ceux qui prêtèrent de l'argent à la ville de Gand pour couvrir les frais de la gilde des Archers. Il pourrait avoir été prêtre, chanoine de Renaix. En 1375, il eut un différend avec Gilles de Baudrenghien au cours duquel intervinrent Willem van Reighersvliet et son frère le prévôt de Renaix. Tous ces personnages étaient liés de près ou de loin avec le Chapitre Saint-Hermès de Renaix.

      Dominique de KERCKHOVE.
    Généalogie de la Famille de BARONAIGE.
    Le Parchemin n° 378 (Novembre-Déc 2008).
    pages 424 à 465.

    1380

    Messire Chevalier Jean dou Molin, fils de Gilles et de Isabel de Baudrenghien, trespassa par ung dimenche xvij° mars. Il avait espousé Isabelle de Bulenghien de Grammont qui lui donna xiij enffans.

     

    Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°133 (résumé).

    1380

    Depuis plusieurs années d’importants désaccords opposent les petits artisans à la dictature socio-économique des tisserands. En 1380, le mouvement prit une telle ampleur que le recours aux armes devint inéluctable. Le jour de la St Pierre et Pol* (20 ou 27 juin), Gilliart de Baudrenghien (Gillis van Bauderghem) écuyer, Seigneur de Ghomanpont fut tué au service du comte de Flandre, Louis de Male, défendant les intérêts des bourgeois et artisans ralliés à la noblesse contre les gantois en révolte.

     

    *Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°133.

    1380

    "Sr Coel Bauderenghien (sic) tresp. l'an mil ccc iiijxx par un joedy au matin le xxv d'octobre (jeudi 25 octobre 1380) à Ghan (Gand) avec les gens du comte de Flandre alencontre du commun de Gand, et fut tué commandant en chef à l'armée dudit comte de Flandres comme on trouve es cronicques de Flandres".

     

    Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°134 verso.

    1382

    Philippe le Hardi demande le soutien militaire du roi de France. Les tisserands seront définitivement écrasés le 27 novembre à Westroosebeek.

     

     

    1382

    Jehan Froissard relate dans ses chroniques que le "Roi d’armes" du duc de Gueldres ayant défié le roi de France Charles VI (le fou) clandestinement dans la ville de Tournay, et sans lui en donner connaissance, «Fut arrêsté, mis en prison, et cuida être mort, pour ce que tel défi était contre les formes et contre l’usage accoutumé, et de plus dans un lieu mal convenable, Tournay n’étant qu’une petite ville de Flandre.»
    Il décrit plus loin une chaumière de son époque : « Une povre maisonnette enfumée, ossi noire que atremens de fumier de tourbes, et n’y avoit en celle maison fors le bouge devant et une povre ceute de vièle toille enfumée pour esconcer le feu, et pardessus un povre solier auquel on montait par une eschelle de VII eschellons. En ce solier avoit un povre litteron où li povre enfant de la femmelette gisoit .»

     

     

    1384

    Décès à St-Omer, le 9 janvier, du dernier comte de Flandre (depuis 1346), Louis de Male, né Louis de Dampierre. Il était né le 29 novembre 1330, fils de Louis Ier de Flandre et de Marguerite, comtesse de Bourgogne. Son beau-fils, le duc de Bourgogne, Philippe II le Hardi, (fils de Jean le Bon et de Bonne de Luxembourg), époux de Marguerite de Male, mariés en 1369, hérite le comté de Flandre. L'ancien fief de la de la couronne de France est rattaché aux Pays-Bas bourguignons.

     

     

    1384

    le 21 août « As plais du lundi, jour St. Christoffe, de la présentation madame contre le demiselle de Baudreghien et se fille sour le poursuilte qu' elles avoient fait contre li à Ath Aportet le testament en court...»

     

     

    1384

    le 31 août, est prononcée à Nimy-Maisières, une sentence par défaut, des maïeurs et échevins, faisant droit à la plainte de l'abbaye de Bethléem de n'être plus payée par Isabeau de Baudreghien, veuve de Wiart de Maisières de 20 sous de cens annuel affectés à un obit par Wions, sire de Maisières, grand-père de Wiart, sur des biens de Maisières.

     

     

    1385

    En 1385, Philippe le Hardi, hérite de son beau-père la Flandre et l'Artois et annexe l’ensemble des territoires belges, il n'en demeure pas moins l'un des grands feudataires du royaume de France. Il met bientôt un terme définitif à la révolte des Gantois par la paix de Tournai, amnistie les insurgés le 18 décembre, tout en confirmant les privilèges de la ville.

     

     

    1386

    Décembre. Octroi de Charles VI pour l'établissement à Tournai d'une franche foire annuelle aux chevaux et toutes autres denrées. Elle devait se tenir au Bruisle, et durer six jours.

     

    Coll. de documents inédits concernat l'histoire de la Belgique, t.I - p. 14.

    1387

    Hector de Boudrenghien est nommé maïeur d'Ellezelles par le baron de Renaix et restera à ce poste jusqu'en 1396. Il possédait à Flobecq 5 bonniers de terre, 6 rasières d'avoine un jardin et yestre contenant environ 1 bonnier.

     

    Emm. de Gand. Essai historique sur Ellezelles, p. 44.

    1388

    La veuve de Ernous de Baudrenghien* prisonnier à Baesweiler (1374) doit, pour son tordoir à eau, à Flobecq, chaque année au terme de Noël vingt livres d'huile qui lui sont revendues dix deniers chacune et montent à seize sous huit deniers tournois valant 15 sous 7 deniers.

     

    *Arent ou Arnould van Baddelghem

    1388

    N. de Baudrenghien, fille de Colard (1330-1380) et de N. dame d'Ansermont et de Bernes, épouse du prince de Steenhuus, qui mourut après 1388. En cette année, elle partagea ses propres biens entre ses deux enfants, Félix,l'aîné, qui deviendra prince de Steenhuus, et Lamerte de Steenhuus. Cette alliance est confirmée par le comte du Chastel1.

     

    1 NGT. tome 1, page 524 et tome 3, p.772

    1389

    Albert Ier de Bavière est comte de Hainaut pour 15 ans.

     

     

    1389

    Jean de Raulenghien (?) est échevin d'Evregnies.

     

    G.TI. 68

    1390

    "Sachés, que sus l'an de grâce MCCCLXXXX (1390), j'avais labouré XXXVII (37) ans à celle histoire, et à ce jour je avois LVII (57) ans..." C'est en ces termes que Jean Froissart nous renseigne sur l'année de sa naissance (1333) à Valenciennes et le labeur, comme il le dit lui-même, que lui occasionna la rédaction travaillée et retravaillée tout au long de sa vie, pour l'aboutissement en quatre volumes des chroniques qu'on publia sur ses mémoires et surtout de ce qu'on lui rapporta de la guerre de Cent Ans. Il mit à profit en cela le temps libre que pouvait lui accorder la gestion de la cure de "Lestines-au-Mont" (Estinnes-au Mont), petit village situé entre Binche et Mons.

     

     

    1390

    Poursuivant son oeuvre, Froissart fait mention de certaines bandes de laboureurs chassés du Brabant et de Flandre, qui, rassemblés dans la région boisée entre Renaix et Frasnes, allaient pour se venger des insultes des Bourguignons, attaquer et détruire les châteaux de la région. Il ajoute à ce sujet « qu’en l’an 1390 avoït une manier de gens routiers ens ès bos de le hamayde et avoïent en li diet bos fortifié une maison, tellement que on ne les pouvoit prendre ni avoir. Li chastelain de le hamayde qui estait pour li tems Jehan, chevalier-bourgeois de Tournay, fist par moult fois des aguets sur eulz, mais ne le pouvoit avoir ni attraper car savoïent trop de refuges; et les ressoignoiton tant que nul osoit aller en li dict bos ni ens ou païs. »

     

    * Jean FROISSART
    - Chroniques -
       Tome. XVIème

    1392

    1392 « Pier ly bastars venant de Ernoul de Baudrenghien pour les II pars de demi-bonnier de terre derriere le maison qui fu Henri Cripet tenant au gardin de le Bare »

     

    AGR :CC n°15072

    1392

    8 août, Octroi duquel l'on voit que le beffroi de Tournai et toutes les cloches qui s'y trouvaient avaient été récemment détruits par le feu.

     

    Coll. de documents inédits concernat l'histoire de la Belgique, t.I - p. 14.

    1393

    « de Ernoul de tilloes p. lui ep. Mazeline bastarde de Baudreghien je une lettre donne q alle ordi toukans a li et a Pier de Flamencourt en III cour »

     

     

    1393

    Collart de Baudrenghien, sr. de Ghomanpont fut parrin de Jean et Marie dou Molin, esp. une fille d'Ansermont dame dudit lieu et de Bernes, fondateur de la chapelle St Jean à Flobecke et illec ensepvelis soub beau marbre. Il y at aussy verrière des plaines armes comme apert par une quittance dudit Colart en datte de l'an 1393, le 10 novembre.

     

    Bibl. Mun. de Cambrai, Manuscrit 1024 - Jean Pitpan de Montauban - f°133.

    1394

    12 avril 1393 avant Pâques, programme d'une grande fête de l'arbalète, qui devait se donner à Tournai au mois de juillet 1394.